Un an de pleine conscience (MBSR) : et maintenant ?

PleineconscienceLe 13 mai 2014 (c’est étrange comme je m’en souviens), je franchissais la porte de ma première séance de MBSR (mindfulness based stress reduction), curieuse de savoir où tout ça allait me mener. Pour des raisons qui me sont propres, je souhaitais alors tout à la fois reprendre le contrôle de certains aspects de ma vie et apprendre à lâcher-prise. Un an après, qu’est-ce que j’en ai gardé ?

Cet article n’a pas pour vocation de vous convaincre d’adhérer aux principes de la pleine conscience, ni de vous faire croire que je suis un exemple de sagesse. D’une part, je ne crois pas que la méditation et la méthode MBSR convienne à tout le monde. Il s’agit là d’une démarche extrêmement personnelle qui mêle recherche d’une réponse à un réel besoin et grande curiosité. Je vous assure que, pour parvenir à tenir allongé sur le sol ou assis en tailleur 45 minutes durant six jours par semaine pendant huit semaines, il faut faire preuve d’une sacrée volonté. De plus, tout le monde, absolument TOUT le monde, est susceptible de vivre cette expérience différemment : certains n’y seront jamais réceptifs alors que d’autres ressentiront très vite les bénéfices. Il peut également arriver, tout simplement, que ce ne soit juste pas le bon moment. D’autre part, il y a un milliard de manières d’appliquer les principes de la pleine conscience au quotidien et cela ne signifie pas nécessairement consacrer vingt minutes par jour à la méditation. Actuellement, j’ai pour ma part un rapport plus curatif que préventif à la pratique de la méditation en elle-même, ce qui signifie que je ressens certains soirs le besoin de me poser en silence sans pour autant m’imposer des séances quotidiennement. Mais même lorsque je l’abandonne un mois durant, m’asseoir sur mon coussin rond, c’est aujourd’hui un peu comme rentrer à la maison.

Les réflexes et apprentissages qui me sont restés :

  • « Je ne suis pas mes émotions », mes émotions négatives sont souvent le fruit d’une perception biaisée de la réalité. Distinguer les faits de l’interprétation que l’on en fait est la chose la plus importante que j’ai apprise durant mes huit semaines MBSR. J’ai désormais acquis ce réflexe qui consiste à identifier l’arrivée ou la présence d’un sentiment de nervosité, à me demander si cela vaut le coup de foncer la tête la première dans cet état et à décider que l’événement l’ayant provoqué influera ou non sur mon état d’esprit. Je casse un objet qui m’est cher ? Rien ne sert de m’énerver ou de m’en vouloir, on ne pourra de toute façon pas revenir en arrière. Le bus est bondé, un enfant pleure, mon voisin prend son casque audio pour des haut-parleurs ? Je respire en grand et me dis que, puisque je ne peux pas agir là-dessus, autant faire avec plutôt que de me sentir frustrée. Je n’obtiens pas le boulot qui me faisait rêver ? J’avais face à moi des profils plus en adéquation avec la fonction, j’aurai plus tard d’autres opportunités. Toutefois, n’allez pas croire que j’ai atteint un niveau maximal d’immunité et de sérénité, loin de là. Seulement, s’il m’arrive encore d’être submergée par la tristesse ou la frustration – et, entendons-nous, une petite crise de larmes est parfois un mal nécessaire -, je suis bien plus apte qu’auparavant à relativiser une fois la tempête passée.
  • Mes peurs sont la projection de mes propres croyances qui, quelquefois, s’avèrent infondées. On en revient, encore et toujours, à la question de l’interprétation de la réalité. Réaliser que l’on peut être notre pire ennemi dans certaines situations pousse à adopter une posture d’humilité et à oser remettre en question ce que l’on croit être la Vérité.
  • Je suis davantage à l’écoute de mon corps. J’ai même découvert sans le vouloir au cours d’une séance comment bouger mes oreilles, je ne sais toujours pas si je trouve ça rigolo ou complètement fascinant. La pratique du yoga m’avait déjà exercée au ressenti physique mais j’ai découvert au travers de la méditation une approche plus intime encore. Et quand j’entends « Respire dans ton mollet droit », je ne trouve plus ça bizarre du tout.
  • La respiration est un « outil » formidable. Inspire, expire. Respirer profondément, c’est réanimer à la fois le corps et l’esprit, c’est délier les noeuds, c’est apprivoiser la douleur, c’est se réapproprier le temps. C’est aussi la meilleure manière de réaliser que l’on est vivant, là, maintenant.

Et maintenant ?

Aujourd’hui, je poursuis ma pratique de la méditation avec l’application Headspace que je trouve très bien conçue. Je dois avouer que j’adore la voix d’Andy Puddicombe. Ce détail n’est pas anodin, les intonations et le ton de la voix de la personne qui guide la méditation peuvent influer énormément sur la concentration. Le coût d’Headspace n’est vraiment pas donné, c’est pourquoi je ne vous recommanderais pas forcément d’acheter l’application si vous n’êtes pas certains de pratiquer régulièrement. Toutefois, je vous recommande de tester les dix premières sessions gratuites pour vous faire une idée ou par simple curiosité.

En français cette fois, Petit Bambou est une application très similaire à Headspace. De la même manière, il est possible de tester les premières sessions gratuitement. Conquise par Headspace depuis le début, je n’utilise pas personnellement l’application Petit Bambou mais, au vu de la communauté qu’ils sont déjà parvenus à fédérer, je serais tentée de vous la conseiller.

Enfin, une foule de méditations guidées sont disponibles gratuitement sur Youtube. Il suffit de fouiller un peu pour dégoter celles qui vous plairont.

Cycle MBSR : les détails pratiques

J’ai suivi le cycle MBSR à Bruxelles avec Emergences, que je conseille les yeux fermés. Quel que soit le centre, un cycle se déroule sur huit semaines, à raison d’une séance de 2h30 par semaine en groupe qui sert à faire le point tous ensemble et à explorer de nouvelles pratiques. L’ambiance est chaleureuse et bienveillante, chacun est libre d’assister ou non aux séances ou d’arrêter en chemin. C’est vous qui décidez de votre niveau d’implication dans ce cycle et personne ne sera là pour en juger. Enfin, pour un premier aperçu de la méthode, je vous recommande la lecture de « Au coeur de la tourmente, la pleine conscience » de Dr Jon Kabat-Zinn.

Voilà. J’aurais encore pu raconter mille choses à propos de la pleine conscience mais je m’arrêterai de papoter ici pour aujourd’hui. J’espère avoir pu démystifier quelques aspects de cette approche tout en vous convainquant que la pleine conscience est loin d’être une solution « clé-en-main ». Qu’il s’agit davantage d’une philosophie et de vie et d’une attitude au quotidien plutôt que d’une solution magique à tous les maux. Qu’on peut en faire l’expérience à un tas de niveaux différents et que le temps, la pratique et votre volonté seront, dans ce parcours, vos meilleurs alliés.

Est-ce que parmi vous certains ont déjà suivi un cycle MBSR ou sont tentés de le faire ? Est-ce qu’il vous arrive de méditer ? Quel sont les plus grands apprentissages que vous en avez tirés ?