Un an

1anUn soir de septembre, mon tout petit, tu es venu au monde sans pleurs : deux yeux noirs attentifs, poids plume, mon minuscule, ta peau sur ma peau, temps suspendu, tout juste né, enveloppé dans une couverture blanche sur le coeur de ton père, y avait dans cette chambre l’esquisse des premiers mots d’une histoire sans paroles – les mots ne sont pas assez – qu’on s’envoyait avec les yeux. Amoureux.

Puis les heures et les jours et les mois sont passés. Il y a eu ton souffle lent, endormi, dans nos bras, les nuits serrés l’un contre l’autre, tes yeux clos, tes joues rondes dans le noir, ton regard et ta peau chiffonnée au petit matin, ton corps apaisé entre nous, nos cabanes dans les draps, les heures inombrables porté tout contre moi. Il y a eu les néné, les den’dé, les mama, les papa, les bababa. Il y a eu tes jeux de cache-cache, ton sourire à sept dents, ton regard qui brille au son de la musique, tes petites mains agiles, tes grands éclats de rire – Ah ! Ce rire ! Il y a eu tes biscuits partagés, machouillés, tes coucou, tes tope-là, ton babillage et tes grands gestes avec les bras. Mon oiseau koala. Il y a eu nos escapades tous les trois, le ciel tantôt chargé de sel, de cigales et de vent, nos petits-déjeuners à l’aube sur la grande table en bois, nos longues promenades d’hiver, ta peau rose d’été.

Et entre nous, sans le dire, ce serment indélébile : ce lien triangulaire qui nous unit ton papa et toi et moi, c’est pour toute la vie mais surtout – surtout ! – au-delà.

Automne-2017-7