(Re)commencement

Avril2016-2

Il y a un an nous nous apprêtions à prendre la route pour un voyage symbolique rien que tous les deux. Le dernier si loin avant la vie à trois. Je ne suis pas quelqu’un de nostalgique, il ne m’est encore jamais arrivé de considérer que ma vie était « mieux avant », j’aime trop le présent et les projets pour prendre le temps de ça. Mais, comme tout le monde je crois, j’ai une tendresse particulière pour certaines périodes passées. Il y a un an je sentais à travers ma peau les premiers mouvements de mon bébé, mon coeur était léger, mon corps était mon allié, nous annoncions peu à peu – amoureux – la grande nouvelle à nos chers amis, je fêtais mon vingt-huitième anniversaire dans le vent frais de Copenhague et nous embarquions dans la foulée pour deux longues semaines sur la côte ouest des Etats-Unis. Cette période a dans mon esprit le goût des croissants et de l’Océan, du grand air et du parquet grinçant. Et en dedans cet enfant qui, déjà, prenait toute la place. Pas un jour de ma vie depuis où je n’ai pas pensé à lui. Tout mon corps et tout mon esprit – et les siens, aussi – se sont mis dès janvier 2016 à tourner autour de cette grande folie.

Après avoir passé l’été, l’automne et l’hiver en apnée – dédiée, consacrée, sacrifiée parfois -, j’accueille cette nouvelle année qui s’en vient avec sérénité et envie. Je vous écris tous les ans qu’Avril est pour moi le véritable commencement, qu’il symbolise plus que Janvier encore le temps du renouveau. Un nouveau cycle commence et je suis là, face à tout l’inconnu qui m’attend, prête à me retrouver, m’écouter, me soigner. M’aimer en passant. Noir sur blanc je m’engage à prendre le temps de réapprivoiser mes contours et à réapprendre l’ancrage afin d’entretenir avec sérénité la flamme de l’empathie, de l’humilité et du don de soi dans un juste équilibre.

Sur le fil. Toujours. Alors allons-y.

Avril2016-1