Là où tout recommence


BDS-2A 16h, j’ai fermé mon livre après avoir jeté un coup d’oeil par la fenêtre. Le ciel se teintait de rose et on pouvait voir le soleil descendre, ce géant, sur les toits des maisons de l’autre côté de la baie. J’ai enfilé mon manteau, j’ai poussé sur le bouton de l’ascenseur et je suis sortie dans le froid des derniers rayons de l’année. A 2016 moins quelques heures, le monde se pressait sur la promenade qui longe la plage. La marée haute avait contraint le petit monde à se serrer sur ce qu’il restait de sable et je suis restée là, perchée sur le muret et les jambes comme nues, à regarder le ballet des bonnets et les cerfs-volants flotter dans le vent sans effort. Pour la première fois, on fêterait la nouvelle année loin de la ville, en immersion dans ce qu’ils appellent le Nord bien au Sud de chez nous, et c’était très bien. A chacun de mes passages en bord de mer me reviennent ces mots que j’avais écrits sur une plage plongée dans le noir l’année de mes dix-sept ans, « Je n’ai jamais vu de ciel plus grand qu’ici », et qui me font toujours vibrer en dedans.

Le premier jour de 2016, on a ouvert les yeux sur la mer, on a marché sur le haut des falaises le dos voûté à contre-vent, on a imité les mouettes en rigolant, on a vu les vagues avaler des châteaux, on a tapissé nos ventres d’air salé et, devant une soupe à l’oignon, on était d’accord pour dire que cette nouvelle année ne pouvait pas mieux commencer.

An2-1BDS-1Merci pour vos pensées suite à l’article de mercredi dernier. Pour une fois, je ne répondrai pas à vos commentaires un à un mais sachez que ces petits mots me touchent beaucoup. Vous êtes précieux vous savez.