Ensuite, le portrait.

Pèrefilsduo1Le portrait est un sujet récurrent dans mes songes et mes projets ces derniers temps. Et je crois que si je suis photographe aujourd’hui, c’est pour et grâce à lui. Je l’aime simple, brut, sans fards. J’aime qu’on y voit la peau manger et redistribuer la lumière, j’aime les sillons avec leurs ombres emprisonnées dedans, des ombres qui parlent du temps, le rose de la bouche, l’éclat dans les iris. Un visage plein vaut tous les décors, il est rempli d’être, il dit la filiation – le nez du père, les yeux de la mère, la fossette qui saute les générations -, il dit un peu d’où l’on vient mais certainement pas où l’on va. Le portrait est rempli de l’avant, la suite reste un mystère. On dit que mon tout petit amour me ressemble, moi j’y vois beaucoup de son père, mon amour grand. Le bleu d’abord, les lèvres et le menton. Ces images me sont précieuses comme aucune autre, loin des théâtres verdoyants ou étincelants. Juste un visage, un point c’est tout, c’est déjà grand.