L’automne aux pommes

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S’emmitoufler, rouler jusqu’au marché, remplir les boîtes de carton à ras bord de fruits et de légumes qui sentent bon l’automne, respirer les premiers grands froids qui brûlent les joues et font trembler les jambes téméraires, allumer un nombre indécent de bougies, retrouver le goût du smoothie betterave orange pomme de ce merveilleux magasin de Chiang Mai, être bouleversée par un reportage formidable d’optimisme et de beau, faire résonner les crooners de Noël dans le salon blanc, ne s’abreuver que de thé toute la journée, rêver devant un projet magnifique quelque part dans les rues de Brooklyn, décompter les jours avant la Saint Nicolas, partir en quête de la recette parfaite du carrot cake, jouer les architectes en papier, dessiner, découper.

Cher hiver, je t’attends.

Automne1

Tout quitter en trois leçons

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Tout commence – Aéroport de Bangkok, 05.11.12

Il y a un an, G. et moi nous envolions vers l’est pour quatre mois. Je venais d’obtenir mon diplôme, G. s’ennuyait dans son boulot et on avait tous les deux des fourmis dans les yeux et les pieds. Un soir, il est rentré de sa journée de travail comme cinq soirs par semaine. J’ai dit « Et si on partait pour ce grand voyage dont on parle depuis des années ? C’est maintenant ou jamais, on a tout à gagner à aller voir ailleurs. » Jusqu’alors, on parlait d’un tour du monde comme d’une douce utopie, de la même manière qu’on énumère toutes les choses qu’on réaliserait si, ce soir, on avait dans les mains le ticket gagnant du tirage Euromillions.

On a fait nos comptes, je n’avais pas d’argent. On a dit « Partons suffisamment longtemps que pour déconnecter complètement mais dans les limites d’un petit budget » « Quatre mois, c’est bien, c’est très bien ». On a pris le grand Atlas dans la petite bibliothèque grise et on a choisi l’Asie du Sud-Est. Deux jours plus tard, on réservait nos billets d’avion. Il me restait trois mois et demi pour trouver de l’argent, chercher des locataires pour notre appartement, faire les vaccins et caser ma petite vie dans un sac-à-dos.

Voici trois choses que ce projet m’a inculquées et qui me suivront toute ma vie :

Les grands projets donnent des ailes

Si vous avez de grandes et belles idées en tête, n’attendez pas que toutes les conditions idéales soient réunies pour vous lancer. Sautez maintenant ! Une fois dans le tourbillon, vous trouverez en chemin les moyens de les réaliser. Une fois l’avion payé, mon compte en banque n’affichait plus qu’un petit nombre à deux chiffres. J’ai accepté tous les jobs qui se présentaient à moi, je combinais un job d’étudiant à plein temps dans des bureaux avec quatre à six heures de cours particuliers par semaine, j’ai servi des sandwichs dans une pompe à essence pendant dix jours et trouvé une mission intérimaire de deux mois. J’ai travaillé jusqu’à l’avant-veille de mon départ et ai pu réunir suffisamment d’argent que pour profiter de mon voyage sans me frustrer. Je n’ai jamais été aussi productive qu’en cette période ou la simple idée du voyage me donnait littéralement des ailes, le sourire en bonus.

C’est tellement bon de vivre avec trois fois rien

Le minimalisme m’est familier depuis quelques années. Pour autant, la perspective du départ m’a fait passer à la vitesse supérieure en matière d’élimination. Vider son appartement et la meilleure occasion pour faire le tri. J’ai trié ma bibliothèque en trois cartons : à vendre, à donner, à garder. Le troisième était de loin le plus petit. Pareil pour la garde-robe, les papiers administratifs, la cuisine. Bien sûr, nous n’étions pas obligé d’éliminer de nos vies ces choses futiles de manière si radicale. Mais le fait est que j’adore ça. Le 5 novembre 2012, nos sac à dos respectifs pesaient 12 kilos chacun. Tout est tellement plus facile quand on voyage léger, et quel temps gagné ! Avoir trois fois rien sur le dos, c’est pouvoir se dire « Et si on partait pour une boucle à moto de quatre jours ? » et partir pour cette aventure le lendemain matin sans se soucier de rien.

Tout quitter, c’est facile

Embourbés dans nos routines, on peine parfois à voir clair dans l’immensité des possibilités qui s’offrent à nous. En vérité, peu de facteurs nous empêchent de sauter à pieds joints dans nos rêves fous. Ou du moins, moins de facteurs que ce que l’on imagine. La peur, la honte, le sentiment d’illégitimité, le manque d’argent ou de confiance en soi nous font construire fébrilement des barrières tout autour de nous pour nous protéger de ces menaces tout droit sorties de notre imagination. On trouvera toujours des excuses pour repousser les projets à demain. Mais cela nous rendra-t-il plus heureux ? Explorez vos limites, quelles qu’elles soient, vous verrez comme c’est facile une fois qu’on est de l’autre côté.

Alors, qu’attendez-vous pour sauter ? :)

Le bruit de fond

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Mes pieds ce matin m’ont menée dans la chaleur d’un café. Je commande un capuccino au comptoir « avec du cacao sur le dessus, oui, s’il-vous-plaît, je veux bien » « Bonne dégustation Mademoiselle » « Merci beaucoup ». Je m’installe sur une banquette familière et, au moment de sortir mon ordinateur, je repense, le sourire en tête, à mes années passées à l’Université. Après le premier cours de littérature du matin, on filait avec les copines chez Exki, cinq petites minutes tout juste avant que ne sonne la fin des cafés à 1€. A table se mêlaient les odeurs du Palais des Thés et des cafés serrés, le goût amer des histoires qui sombrent et celui, doux et pétillant, des amours qui s’envisagent, qui voguent doucement, et puis les projets fous pour quand tout ça serait fini. Ouvrir une librairie, partir au bout du monde, reprendre des études, recommencer à zéro.

D’autres jours, je m’y rendais seule. Sur une banquette à l’abri des courants d’air en hiver, à l’ombre de la terrasse en été. Je sortais mes cours et mes bouquins et je me mettais au travail, un léger brouhaha dans les oreilles. Je pense n’avoir jamais si bien travaillé que dans ces conditions de doux désordre et d’animation. J’ai besoin du bruit de fond de ce monde pour mes concentrer et de l’environnement neutre pour mettre les choses en perspective. Lorsque je m’épuisais sans résultat sur un passage de mon mémoire interminable, je quittais la bibliothèque bien trop silencieuse pour rejoindre un univers feutré à l’odeur de café.

Etre seule, mais l’être au milieu des autres. Seuls aussi, parfois, ces autres. « Je prendrai un Thé des Moines, s’il-vous-plaît. » Et puis, ce chocolat à la carotte est fantastique, dans son genre. Je crois que je vais rester encore un peu.

Et vous, est-ce que le bruit de fond d’un café vous aide-t-il à vous concentrer ? Ou, à l’inverse, vous êtes de ceux qui ne comprennent pas « ces hipsters qui squattent chez Starbucks des heures durant » ?

Crédit phot : A beautiful mess . Non mais vous avez vu ce manteau jaune, ce bonnet rouge, cette marinière et ces cheveux blonds ? Je suis dingue de cette association.

Deux pieds, les aléas et le grand Air

Le grand air - La marche

J’enfile mon plus gros pull en laine et un bonnet sur ma tête. Je lace mes baskets à même mes collants – j’adore plus que tout marcher en robe ou en jupe, surtout quand il fait froid, pour sentir l’air vif sur mes jambes en même temps que mes mains se réchauffent et que mes joues rougissent. Je dis « Je vais marcher au bois, je pars pour un moment » et je ferme la porte à double tour. Il fait froid, je tremble un peu, on dirait bien qu’il va pleuvoir. Mais je ne suis pas en sucre, j’avance.

Un pas, deux pas, mille pas. Je traverse le petit marché et une fois à l’orée du Bois de la Cambre, mes mains n’ont plus froid. J’emprunte le petit chemin qui longe le lac. Je croise un couple, j’entends « Tu sais, en été, c’est noir de monde ici ». Oui. Mais pour l’heure nous ne sommes qu’une poignée à braver le temps incertain de cet après-midi de novembre. Le temps d’une balade, je considère ces petits points isolés comme des alliés. Et j’aime me sentir appartenir au club de ceux qui vivent au grand air sous les ciels bleu, gris, noir, anthracite sans distinction.

Nous sommes quelques uns à marcher pour marcher, baskets aux pieds et allure rapide, tous en rond autour du grand lac couleur de sauge. Au bout d’un moment, mon corps avance seul. Alors que mes jambes s’élancent sans aucun effort, je respire le ventre grand ouvert. Et lorsque la première circonvolution s’achève, j’embarque sans réfléchir dans un nouveau tour de piste.

Les jours gris ne sont moroses que s’ils sont perçus de l’intérieur ou renfrogné à l’abris d’un parapluie. Emmitouflés dans nos villes, on nous apprend trop tôt à considérer les aléas de la nature comme des saboteurs. Pourtant, une fois nos dehors apprivoisés, rien ne semble plus doux qu’une brise piquante et quelques gouttes de pluies qui finissent leur course sur le bout du nez.

Et vous, quel est votre rapport à l’extérieur ? A la marche ?

DIY Calendrier de l’Avent – Through the mountains

Calendrier de l'Avent Montagnes-1

Calendrier-Avent

Dans ma famille, le calendrier de l’Avent est une véritable institution. Il contribue à faire de décembre un mois magique caractérisé par une douce frénésie. Alors, à force de voir fleurir des créations toutes plus originales les unes que les autres sur la blogo, je me suis lancée dans un projet à mon image. Et puisque ça n’est pas bien compliqué, voici les étapes en photo :

DIY Calendrier de l'Avent

  • Pour réaliser les montagnes, j’ai utilisé les papiers pour origami MUJI, ce qui implique d’y glisser de petits cadeaux (motivational quotes, chocolats, petits « bons pour ») mais rien n’empêche de le réaliser à partir de feuilles A4.
  • Pour un effet aléatoire, jouez sur la largeur de la base des triangles.
  • Pour le macaron, tracez un cercle au compas puis dessinez de petites feuilles sur le contour. Découpez au cutter et fixez-le avec du masking tape sur la montagne du centre.
  • Enfin, une fois les 25 montagnes achevées, inscrivez-y les dates et fixez les à l’aide de masking tape sur des segments de laine/corde ou accrochez-les sur un fil à l’aide de mini pinces-à-linge.

Y a plus qu’à attendre le 1er décembre ! Mais je dois dire que, en attendant, il donne plutôt pas mal dans mon salon ;)

(suite…)