Ex-minimalisme, achèvement ou en chemin ?

Muji Japan house
Qu’on le nomme simplicité volontaire ou sobriété heureuse, le minimalisme est devenu pour moi ces derniers mois moins une hygiène de vie qu’une religion. D’abord parce que mes croyances et mes résolutions sont souvent dépassées malgré moi par la réalité du quotidien. Mais également parce que j’aime cette idée qui me dépasse, qui ne m’appartient pas en propre et dans la lumière de laquelle j’aime me blottir les yeux grands ouverts, cet idéal en ligne de mire qui donne forme aux perspectives du présent et de l’avenir dont je rêve pour moi.
Après des mois, des années à évoluer vers cette évidence minimaliste dans laquelle je me vois en miroir, je suis encore grisée lorsque j’expérimente le moment d’après « avoir fait de la place ». J’ai toujours quelque chose à donner, à vendre, à jeter et des cartons dont je dois me débarrasser. Il y a toujours un peu de place à faire pour de l’espace et de la lumière. Autant dire que cette obsession fait rire mon entourage quand elle ne provoque pas une totale incompréhension – qui se sépare de dizaines d’étagères de romans après cinq années d’études littéraires ? Mais c’est comme ça, c’est moi, le tri et l’idée de démarrer à zéro me rendent presque euphorique.
Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? Parce qu’une amie m’a dirigée vers le très bon article Pourquoi je suis un « ex-minimaliste » et que ma première réaction à la suite de sa lecture a été « J’aurais pu l’écrire presque mot pour mot ». De la prise de conscience aux résolutions puis à l’action, du voyage de plusieurs mois avec 12 kilos sur le dos pour seule maison à un minimalisme plus raisonné, je me suis reconnue dans chacune de ces phases. Pourtant, le temps passant, la progression vers cet idéal minimaliste me procure sans relâche les mêmes frissons, la même jouissance, la même impression de respirer à pleine tête et à pleins poumons. Alors, après m’être reconnue dans cette définition d’ex-minimaliste, je laisse le ex- à d’autres pour poursuivre dans un processus que j’espère sans fin.
Et vous, ça vous parle cette notion d’ex-minimalisme, ou de mode de vie minimaliste tout court ?

Marché bio des Ateliers des tanneurs – Bruxelles

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Le bio et moi, on se côtoie sérieusement depuis un peu plus d’un an déjà. Mais depuis mon voyage en Asie, notre relation a gagné en maturité et je dois avouer qu’il fait aujourd’hui partie de mes priorités.

A vrai dire, je dois en partie cette affirmation de mes choix de consommation à la rencontre au Laos d’un français expatrié passionné/ant de 72 ans qui nous a, entre autres conversations fascinantes, guidé au travers du Chiang Mai (Thaïlande) bio accroché à son guidon de scooter. Dès ce moment, nous avons switché de filtre face à la cuisine thaïlandaise (qui, aujourd’hui, est souvent bien meilleure remastérisée à l’occidentale, croyez moi) et je décomptais les jours qui me séparaient de la possibilité de cuisiner chez moi des produits que j’aurais choisi (manger dans la rue et au restaurant pendant quatre mois au quotidien est bien plus idyllique sur le papier que dans la réalité).

Mais le bio, chez nous, il paraît que « ça coûte cher » et que « c’est de l’arnarque », non ? Pas forcément. Si le bio n’est jamais exempt à 100% de traces de produits chimiques ou polluants (en cause, notamment, la pollution contenue dans les sols et la pluie), j’estime qu’en consommant bio je préserve mon organisme d’un bon paquet de pesticides présent dans une bonne part des produits « classiques » et que j’encourage, dans un même mouvement, une agriculture plus responsable (même si, ne soyons pas naïfs, elle est actuellement récupérée de manière pas toujours jojo par les gros acteurs de l’industrie agro-alimentaire). Et si en plus mes fruits et légumes sont cultivéslocalement, j’ai l’assurance de payer un prix juste qui saura alimenter (je l’espère) un circuit court à l’emprunte écologique modérée et au visage plus humain. De plus, pour ne rien gâcher, il semblerait que l’agriculture biologique belge soit particulièrement réglementée et surveillée (entendu dans mon marché de quartier, à confirmer ?).
Du coup, dans l’idéal, j’essaye d’éviter le bio des grandes surfaces (si Delhaize s’en sort vraiment pas mal, chez Carrefour c’est une catastrophe : les fruits et légumes bios sont hors de prix et vraiment insipides) et de privilégier les épiceries bios de mon quartier (Chez Josy & Shanti, entre autres). Mais quand j’en ai l’occasion, je file me balader du côté des Marolles, quartier populaire de Bruxelles où l’on trouve une concentration folle d’antiquaires, pour faire le plein au Marché bio des Tanneurs. Un vaste choix de produits (légumes, fruits, pains, pâtisseries, fromagerie, riz, pâtes, boissons, fruits secs,…) en libre service pour un prix riquiqui. Si si, je vous jure. Aujourd’hui, mes courses « tout bio » m’ont coûté la même chose qu’un panier équivalent en grande surface. Et autant vous dire que c’est autrement bon !
Marché bio des ateliers des tanneurs

58-62, rue des Tanneurs
1000 Bruxelles
Me-Ve 11h30-18h
Sa-Di 10h-16h

De l’oeuf, de l’abricot, du choux et du fromage

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Plus le temps passe, plus je développe une fascination pour les beaux produits. Prenez les oeufs par exemple, j’ai déjà tenté à plusieurs reprises de partager avec mes proches mon amour pour leur forme si douce, leur palette de couleurs, ce paradoxe, cet équilibre entre force et fragilité, le goût fabuleux de l’oeuf de ferme mais, allez savoir, je passe systématiquement pour une zinzin quand je glisse sur ce terrain. Et je ne vous parle même pas de la purée de patates douces ou du crumble parfait aux abricots de Nyons. Il me prend parfois des envies de quitter ma ville tout au nord pour migrer vers la campagne du sud, où je me verrais plutôt très bien le panier d’osier à la main rendre visite quotidiennement à des petits producteurs de talent qui sauraient par coeur mes préférences, à force.
« Mademoiselle, je vous ai mis de côté un petit bleu de brebis des Pyrénées, vous m’en direz des nouvelles ! »
Et les tomates les plus rouges. Et une baguette au levain. Ah, et un bon petit vin.
Mais si les vacances sont finies, qu’on se console ! C’est bientôt la saison des choux de Bruxelles.

La vie, l’ours polaire et la mer

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Il y a la vie qui s’étire. Celle qui me protège au creux de ses bras blancs et chauds et doux. La vie ours polaire. La vie chaude même quand il fait froid. Mais la vie qui doute et qui craint que la Vie en majuscule lui souffle ses remparts en allumettes le jour elle mettra le pied nu dehors. Nu, hors de sa tête, avec le corps tout entier plongé dans le monde dehors.
Il y a ce que je sais faire et il y a ce que je pense savoir faire. Il y a le penser, il y a le croire mais il y a surtout le faire. Faire avec ses mains, faire avec sa tête. Il y a le coeur qui attend, qui demande son reste. Une sourdine, un tout petit écho de rien du tout. Qui guette et parfois me submerge.
Aujourd’hui, il y a une marche, celle qui mène à l’un peu plus haut. L’un peu plus fort. Mais pour être fort, il faut du temps, de la patience, de la persévérance, un peu de larmes en boules dans la gorge et un nouvel équilibre. Je vacille mais je fais ce que je pensais savoir faire. Et j’apprends. J’éprouve mes limites, me toutes petites, comme des mirages.

Et j’enrage de vivre dans un palier. Qui n’est pas le premier, qui n’est pas le dernier. Un entre le Je suis capable de tout » et le « Je ne sais rien ». J’apprends, j’apprends, j’essaye, j’apprends, je rate, j’apprends, j’apprends. La vie qui balance, comme une mer immense qui n’en fait qu’à sa tête. J’ai le mal de mer d’avoir envie d’aller plus loin.

Un coeur plus grand

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Cher vous,

Je suis en bataille ces temps-ci, si vous saviez. Ma tête est un mic-mac un peu plus en désordre qu’à l’ordinaire. Plus je grandis, plus je comprends ceux qui nous mettent en garde face à la vie qui nous chamboule sans crier gare – pas celle des trains, non -, face à nos certitudes qui finissent parfois par nous mettre à genoux. Ce soir, je ne suis plus sûre du tout, je ne réponds plus de rien. J’ai l’étrange sensation de voguer sur un rafiot au milieu de l’océan et qu’il ne me reste qu’à trouver le chemin de la cabine où brille une lueur qui réchauffe. Je ne m’en fais pas, j’ai toujours eu le don pour repérer l’odeur des allumettes. Celles qu’ils craquent pour éclairer leurs jeux de carte, les marins. D’eau douce ou d’eau salée, peu importe. J’aime déjà la vie qui viendra.

Je grandis, je vous disais. Et mon coeur a grandi lui aussi. Si bien que, moi qui me vantait de ne jamais avoir versé la moindre larme face aux plus beaux chefs-d’oeuvre du cinéma, je suis à présent capable de pleurer de joie. Et ça me plaît de l’écouter danser, mon coeur. Alors, tant que j’ai l’âge que j’ai – notez, j’aurai toujours l’âge que j’aurai -, j’ai décidé de le laisser valser. Au diable la raison, puisqu’on a tout le temps d’un monde. Je veux ma vie riche et pleine de sens. Je veux rencontrer, me heurter, découvrir, me surprendre encore. Pour l’univers à venir.

Je flotte entre les astres, dans le grand Noir sans fin. Mais ça me plaît. Ca m’effraye mais ça me plaît.

Avez-vous suivi mes conseils ? Avez-vous enfilé paletot et chapeau doublé de laine en sortant de chez vous ce matin ? Dans moins de deux mois, nous fêterons Saint-Nicolas.

Je vous embrasse,

C.