Le dernier jour des vacances

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C’était un dimanche d’hiver, le dernier dimanche des vacances, à arpenter les allées du marché le nez rouge et les doigts gelés, à profiter du calme de la longue sieste qui impose désormais un rythme à nos journées passées à trois, à fondre quand il me dit « maman » très sérieux droit dans les yeux, quand il s’écrie enfin « papa ! » et « doudou » et « dodo » parce qu’il est bien là l’essentiel en fin de compte, dans le doux, dans le beau. A faire un gâteau aux pommes pour le goûter, à boire beaucoup de thé, à dresser la liste des petites aventures à vivre durant cette nouvelle année, à faire des plans sur la comète pour cet été.

Avec la pause que je me suis imposée est revenue naturellement l’envie de capturer la légèreté de ce quotidien précieux comme de l’or. Simple et fugace. Ecrire, photographier, ce n’est finalement que donner forme sensible aux tableaux qui se sont joués dans nos têtes. On n’a que la poésie qu’on s’octroie, je crois.

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Cette petite musique

Petitemusique

Ding

Quinze mois de petite musique glissée entre les nuits, tout le jour, chaque minute, tous les jours. 

Toum

Sonnent les heures, doucement, les soucis en sourdine, tambours battants.

Badam

Et les danses qui t’habitent, les rythmes qui te balancent, tadoum, tida, comptines, touches blanches et grandes voix.

Tim

Ma petite musique, mon amour d’enfant, mon heureux, ma corde sensible, mon corps vibrant. 

Mon  t i n t e m e n t.

 

Dimanche blanc

Dimancheblanc-11C’est un matin de décembre, aux portes du grand hiver, blottis là tous les trois. L’enfant dort puis babille puis rigole. Puis dort encore un peu. Ca sent la cannelle, les câlins et le cacao. Sur la table du salon, ce tableau figé : la vie mise sur pause d’un éléphant, de deux girafes, d’un zèbre et d’un lion. C’est un dimanche sourd à regarder la neige tomber sans bruit, un dimanche en musique, lent comme la grande aiguille à la course qu’on perçoit à peine. Les yeux qui s’en viennent, aller-retour, de l’âme au vague. Un peu flou. C’est un dimanche blanc.

Loved #1 : Plume de marin, Marie Klimis & un Noël raisonné

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Je n’ai jamais vraiment réussi à intégrer une catégorie de ce genre sur le blog ces dernières années, la confondant parfois avec ma vieille habitude des « C’est dimanche » sans trop savoir ce que je voulais en faire. J’en profite pour étouffer publiquement dans l’oeuf la catégorie « Les petites boutiques » parce que je ne suis décidément pas à l’aise avec l’idée de parler uniquement de choses à acheter, si belles qu’elles soient. Alors, comme chaque fois dans le doute, je file au plus simple : je fais table rase et entame ces petites listes simples de trois choses que j’aime en ce moment.

La boutique Plume de marin

J’ai découvert le travail de Marine via son compte Instagram il y a quelques mois déjà et ai eu un coup de coeur immédiat pour son trait simple et faussement naïf. A l’approche des fêtes, j’ai enfin passé une commande à base de cartes postales et de pin’s dans le but de les offrir mais je les aime tellement (je suis épatée par la qualité) que j’ai décidé finalement de garder une ou deux cartes à encadrer pour moi.

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Depuis que je suis maman, c’est devenu une question centrale, essentielle. Je veux éviter autant que possible d’accumuler les jouets, a fortiori s’ils présentent peu d’intérêt pour le développement de l’enfant et si Tim ne s’y intéresse pas. Alors malgré son jeune âge, on opère des tris et on reste vigilant sur ce qui entre chez nous. Et à moins de trois semaines de la Saint-Nicolas, j’ai eu envie de partager une réflexion personnelle sur notre rapport aux cadeaux (à lire ici).
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« La Maison » par Marie Klimis

Ce roman-là était posé sur l’étagère « nouveautés » de ma bibliothèque de quartier. Attirée par sa couverture et son résumé, je l’ai embarqué un peu par hasard. Et quel beau hasard ! D’une auteure belge, ce roman est paru dans une petite maison d’éditions belge et je les remercie d’avoir aidé à mettre au jour une telle merveille. L’histoire tient du conte, en équilibre entre le réel et l’invraisemblable, c’est poétique, fin, chaleureux, intelligent, tendre. Une vraie lecture doudou qui mérite sa place parmi les grands.

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Sur ce, je m’en vais rattraper mon retard dans les réponses à vos commentaires (que je lis toujours avec beaucoup d’attention et de reconnaissance) sur les derniers articles. Belle journée et merci d’être là !

 

Echos

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Qu’est-ce donc que l’infini sinon une tentative de délimiter en six caractères ce qui n’a pas de limites, ce qui se soustrait à tout modèle, ce qui échappe à notre manière de penser l’univers ? Que sommes-nous sinon un mélange d’énergie et de matière, des amas de cellules doués d’intention, d’imagination et d’attraction, glissant sur le fil d’une toile – vibrante ! – chargée des émotions de tout un monde ? Tout vibre, résonne et se répond : ferme les yeux et écoute, le silence est sonore.
 
On sait l’impuissance de nos savants les plus fous à élaborer la formule du sacro-saint Sens de l’existence. Mais on poursuit cette quête fondamentale, obstinés depuis la nuit des temps, poussés par le besoin d’embrasser, d’apprivoiser, de comprendre ce qui dépasse l’entendement. On sait qu’on mourra – est-ce que mourir c’est disparaître ? – avant d’avoir tout su, avant d’avoir tout vu. On dit « C’est humain ». J’ajouterai « C’est vertigineux, grisant, magnétique ». Et, à la fin, tu sais, je serai heureuse d’avoir vécu.