Dimanche blanc

Dimancheblanc-11C’est un matin de décembre, aux portes du grand hiver, blottis là tous les trois. L’enfant dort puis babille puis rigole. Puis dort encore un peu. Ca sent la cannelle, les câlins et le cacao. Sur la table du salon, ce tableau figé : la vie mise sur pause d’un éléphant, de deux girafes, d’un zèbre et d’un lion. C’est un dimanche sourd à regarder la neige tomber sans bruit, un dimanche en musique, lent comme la grande aiguille à la course qu’on perçoit à peine. Les yeux qui s’en viennent, aller-retour, de l’âme au vague. Un peu flou. C’est un dimanche blanc.

Loved #1 : Plume de marin, Marie Klimis & un Noël raisonné

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Je n’ai jamais vraiment réussi à intégrer une catégorie de ce genre sur le blog ces dernières années, la confondant parfois avec ma vieille habitude des « C’est dimanche » sans trop savoir ce que je voulais en faire. J’en profite pour étouffer publiquement dans l’oeuf la catégorie « Les petites boutiques » parce que je ne suis décidément pas à l’aise avec l’idée de parler uniquement de choses à acheter, si belles qu’elles soient. Alors, comme chaque fois dans le doute, je file au plus simple : je fais table rase et entame ces petites listes simples de trois choses que j’aime en ce moment.

La boutique Plume de marin

J’ai découvert le travail de Marine via son compte Instagram il y a quelques mois déjà et ai eu un coup de coeur immédiat pour son trait simple et faussement naïf. A l’approche des fêtes, j’ai enfin passé une commande à base de cartes postales et de pin’s dans le but de les offrir mais je les aime tellement (je suis épatée par la qualité) que j’ai décidé finalement de garder une ou deux cartes à encadrer pour moi.

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Depuis que je suis maman, c’est devenu une question centrale, essentielle. Je veux éviter autant que possible d’accumuler les jouets, a fortiori s’ils présentent peu d’intérêt pour le développement de l’enfant et si Tim ne s’y intéresse pas. Alors malgré son jeune âge, on opère des tris et on reste vigilant sur ce qui entre chez nous. Et à moins de trois semaines de la Saint-Nicolas, j’ai eu envie de partager une réflexion personnelle sur notre rapport aux cadeaux (à lire ici).
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« La Maison » par Marie Klimis

Ce roman-là était posé sur l’étagère « nouveautés » de ma bibliothèque de quartier. Attirée par sa couverture et son résumé, je l’ai embarqué un peu par hasard. Et quel beau hasard ! D’une auteure belge, ce roman est paru dans une petite maison d’éditions belge et je les remercie d’avoir aidé à mettre au jour une telle merveille. L’histoire tient du conte, en équilibre entre le réel et l’invraisemblable, c’est poétique, fin, chaleureux, intelligent, tendre. Une vraie lecture doudou qui mérite sa place parmi les grands.

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Sur ce, je m’en vais rattraper mon retard dans les réponses à vos commentaires (que je lis toujours avec beaucoup d’attention et de reconnaissance) sur les derniers articles. Belle journée et merci d’être là !

 

Echos

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Qu’est-ce donc que l’infini sinon une tentative de délimiter en six caractères ce qui n’a pas de limites, ce qui se soustrait à tout modèle, ce qui échappe à notre manière de penser l’univers ? Que sommes-nous sinon un mélange d’énergie et de matière, des amas de cellules doués d’intention, d’imagination et d’attraction, glissant sur le fil d’une toile – vibrante ! – chargée des émotions de tout un monde ? Tout vibre, résonne et se répond : ferme les yeux et écoute, le silence est sonore.
 
On sait l’impuissance de nos savants les plus fous à élaborer la formule du sacro-saint Sens de l’existence. Mais on poursuit cette quête fondamentale, obstinés depuis la nuit des temps, poussés par le besoin d’embrasser, d’apprivoiser, de comprendre ce qui dépasse l’entendement. On sait qu’on mourra – est-ce que mourir c’est disparaître ? – avant d’avoir tout su, avant d’avoir tout vu. On dit « C’est humain ». J’ajouterai « C’est vertigineux, grisant, magnétique ». Et, à la fin, tu sais, je serai heureuse d’avoir vécu.

La mer en novembre

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Lorsque je ne vois plus clair sur ma route, lorsqu’il me semble traverser le temps en apnée, c’est qu’il est temps d’éteindre les lumières, d’ouvrir les fenêtres en grand, d’enfiler bottines et manteaux pour aller prendre l’air. C’est comme ça qu’après des mois à pédaler dans le trop plein (souvent) et dans le vide (parfois), j’ai éteint mon ordinateur, mis ma boîte-mail sous silence et on a pris la route vers la mer. En famille, comme avant.

Je dis souvent que je ne me sens jamais mieux que là où le ciel est immense, où le soleil n’a pas à se frayer un chemin entre les voitures et le béton, où l’air nous enveloppe et le vent se glisse partout. Depuis des années, je le sais : j’ai besoin d’espace, de silence et de vide. Parce que, s’il on n’y prend pas garde, tout devient rapidement trop, autour, dedans, dehors. Quelle cacophonie.

Sans surprise, j’ai retrouvé sur ces plages infinies le goût de photographier pour moi. J’ai retrouvé le ciel blanc, la mer grise et les bonshommes minuscules. J’ai retrouvé ma place, toute petite dans l’immense qui me dépasse, à regarder danser les oiseaux, à rire du rire de Tim lancé à l’assaut des dunes trop grandes pour lui, à trop peu dormir, à boire trop de café, à me nourrir du ciel noyé dans la mer elle-même noyée dans le sable, à marcher sur un très grand miroir, entourée de ceux qui comptent. L’essentiel, vraiment.

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La créativité c’est (…)

Créativité-2Assises en cercle, nous sommes une dizaine de femmes de tous âges ce matin, habitées par l’envie de faire, d’élaborer, d’imaginer, d’exprimer : de créer. La flamme d’une bougie vacille au centre de l’ellipse attentive. On ne connaît de nous que des bribes cueillies plus tôt derrière nos tasses de thé, adossées au frigo ou à la cuisinière. Quelle simplicité dans l’idée d’étrangeté quand on sait d’emblée qu’on a dans les poches des valeurs à faire résonner, des mains à tendre, des idées à construire, des histoires à échanger.

Quand soudain, cette question : « Qu’est-ce que la créativité ? ». Mon coeur bat à tout rompre dans l’attente de mon tour, fâcheuse habitude héritée de l’enfant timide et lunaire qui survit au fond de moi : vais-je pouvoir mettre en mots les intuitions, les sensations qui me viennent à l’évocation d’un sujet si vaste, versatile et fondamental ? Tandis que je somme mon sang de ralentir la cadence dans mes artères, que je baillonne ma tentation de trop réfléchir, le bâton de parole passe de main en main et voilà ce que j’entends : « Briser le cadre. Puissance d’exister. Vérité de soi à soi. Imagination. Rêverie. Lâcher-prise. Mouvement. Intuition. Changement. Transformation. Travail de la matière. Curiosité. Confiance. Audace. Vibration. Expression. Libération. Connexion. Joie, enfance et jeu. »

Tout fait sens. Les mots fusent, différents, mais gravitent autour de la même essence. Quant à moi, comme et pas mieux que les autres, je dis à peu près : qu’embrasser sa créativité, à mon sens, c’est accueillir son rôle de prisme, accepter que le monde nous passe à travers, à travers le filtre d’un bagage individuel, intellectuel, culturel et relationnel qui nous est propre. On ne rencontre sa créativité qu’en apprivoisant notre perception des choses et en l’exprimant par un médium – pictural, oral, graphique, corporel,… – et en acceptant que cette vision particulière puisse nourrir ceux que l’on rencontre. De la même manière que l’on se nourrit de leurs perceptions à eux.

On se quitte, un peu plus riches, dans une odeur de cire et de flamme soufflée. Et moi j’aimerais prolonger la réflexion, encore. Vous êtes-vous déjà demandé comment vous conceviez la créativité ? Vous est-elle essentielle ou, au contraire, est-ce que la créativité vous effraye ? Comment en quelques mots résumer une telle idée ?