On n’écrit pas

0ede5c2e1f1298794eacba6c53c50a89Sur le calendrier, la case de demain reste vide, on n’écrit pas la mort dans un agenda. On n’écrit pas l’ambivalence des sentiments, le mélange étrange de chagrin, d’amertume et de soulagement. On n’écrit pas l’amour-combat d’une enfant-mère et la force de son sourire inébranlable demain pourtant, on n’écrit pas qu’on s’aime un peu plus fort dans les cimetières. On n’écrit pas que les enterrements, toujours, nous font mourir un peu pour nous donner l’envie d’aimer la vie comme des fous. On n’écrit pas l’ordre des choses et l’amour dont on a manqué, on n’écrit pas ceux qui creusent des douves sans pont-levis tout autour de leur coeur, on n’écrit pas l’oubli petit-à-petit des visages, des prénoms, de la vie. On n’écrit pas le regard de ceux qui semblent n’avoir jamais vécu vraiment. Ou alors il y a longtemps. On n’écrit pas la bienveillance maladroite des jours passés, qui étiez-vous vraiment ? On n’écrit pas qu’on se serrera plus fort, qu’on rit toujours un peu juste après les adieux.

(Edit : Je ne voudrais pas vous inquiéter, ce n’est là que la vie qui va son cours, sans injustice aucune. Memento mori, et vivons en conséquence. Pensons à ne pas laisser nos coeurs traîner par terre en vieillissant, soyons – quoi qu’il en coûte – toujours bienveillants.)