Mes petites expériences : l’oil pulling

oilpulling1(Je suis donc celle qui, non contente de considérer que ce test de 30 jours vaut bien l’appellation pompeuse d’ « experience », dévoile son visage de si près pour la première fois sur ce blog avec la bouche pleine d’huile et un joli strabisme en étendard. C’est cadeau !)

J’ai toujours aimé être mon propre terrain d’expérimentation. J’ai – à mon grand désespoir, parfois – un tempérament sceptique et analytique, j’aime obtenir des explications, poser des questions, comprendre les tenants et les aboutissants, trouver la cohérence. Si cette tendance peut m’amener à sur-intellectualiser vainement le moindre événement, je chéris mon scepticisme pour l’impulsion qu’il donne à ma curiosité. C’est plus fort que moi, j’ai beaucoup de mal à considérer qu’une vérité soit vraie si je n’ai pas, dans mon expérience passée, suffisamment d’éléments pour en juger. D’autant plus que – décidément, cela devient une ritournelle par ici – nous sommes tous si différents qu’une foule de vérités ne peuvent s’appliquer universellement.

Prenons la santé, par exemple. Une bonne santé résulte, entre autres, de la conjonction d’un bon état d’esprit, d’un corps et d’un environnement sains. Si chacun de ces trois niveaux figuraient une variable sur laquelle on plaçait un curseur, il y a de grandes chances pour que nous nous retrouvions tous avec des combinaisons très variées. Puisque nos histoires, nos âges, nos apprentissages, nos métabolismes et nos émotions sont multiples, nous n’avons donc pas tous besoin des mêmes choses au même moment et, à protocole égal, les résultats de nos expérimentations peuvent s’avérer diamétralement opposés. Alors, plutôt que de croire « ce qui se dit » et de l’appliquer les yeux fermés, je préfère me fier à mon intuition et piocher dans cette liste fictive des « bonnes pratiques » ce qui me paraît pertinent compte-tenu de ma situation du moment.

Dans le rôle du coffre à bonnes pratiques, considérons maintenant l’Ayurveda. Je trouve cette approche holistique, la plus ancienne des médecines indiennes – en français littéralement la « science de la vie » – très intéressante pour la simple raison qu’elle repose sur une solide base de bon sens. Mais elle est si vaste et complexe qu’il ne m’est pas possible d’intégrer l’ensemble de ses principes à mon quotidien. Alors je picore : j’abuse du curcuma, du gingembre et de mille épices tout au long de l’année, je veille à l’équilibre de mes repas en fonction de la saison (sans surprise, tout s’auto-régule bien souvent sans même qu’on y pense), j’utilise l’huile de sésame en massage et, récemment, j’ai testé l’oil pulling dont les bienfaits sont tellement vantés.

L’oil pulling, ça consiste en quoi ?

L’oil pulling consiste à garder pendant 15 à 20 minutes de l’huile de sésame ou de coco dans la bouche comme si l’on voulait la rincer énergiquement. Etrange, non ? Mais ne fuyez pas ! Si je vous dis que l’oil pulling est pratiqué quotidiennement dans d’autres cultures que la nôtre, devrait-on juger cette pratique complètement barrée pour la simple raison qu’elle ne nous est pas familière ? Indice : la réponse est non. La première fois que j’en ai entendu parler, j’ai cru avoir mal lu : « 20 minutes, vraiment ? ». Et puis, je me suis dis que si tant de gens étaient prêts à se gargariser à l’huile de grand matin, c’était qu’il devait bien y avoir une raison. Alors, je me suis renseignée avant de me lancer dans l’expérience.

Et puis, ça sert à quoi* ?

Par l’effet de certaines propriétés des huiles de coco ou de sésame, l’oil pulling contribuerait à la santé bucale en favorisant l’élimination des toxines présentes dans la bouche. Cette dernière étant extrêmement vascularisée et constituant une « porte d’entrée » importante du corps, garder l’huile 20 minutes en bouche aurait donc des effets positifs non seulement sur l’inflammation des gencives et sur la santé des dents (prévention et soin des caries, réduction de la plaque dentaire, blanchiment des dents,…) mais contribuerait également à améliorer la digestion et, de manière générale, à renforcer l’immunité.

L’oil pulling en pratique

L’oil pulling se pratique à jeun dès le saut du lit. Il s’agit de garder en bouche une cuillère à soupe d’huile vierge de sésame ou de coco (ce sont, du moins, les plus recommandées et j’ai pour ma part une préférence pour la première) pendant 15 à 20 minutes durant lesquelles on vit sa vie sans y penser, le temps par exemple de prendre sa douche, de s’habiller et de préparer son petit-déjeuner. A l’issue des 20 minutes, il est important de recracher l’huile dans un récipient dédié, et non dans un évier qui pourrait se boucher sous son effet. Rincez ensuite à l’eau (salée), brossez-vous les dents normalement et utilisez éventuellement un gratte-langue pour un nettoyage complet.

Les premières expériences sont étranges, les muscles des joues fatiguent, le temps semble long. Mais, passé le troisième jour, je vaquais à mes occupations sans plus y penser.

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Est-ce que ça fonctionne ?

J’ai la chance d’être en bonne santé, de ne pas souffrir de troubles du sommeil, d’être très rarement malade et ne pas souffir d’allergies ou d’intolérance particulière. Cependant, j’étais un cobaye tout trouvé pour l’expérimentation de l’oil pulling avec mon lourd passé chez le dentiste, mes dents sensibles et mes gencives enflammées. Après 30 jours d’oil pulling, voici les effets que j’ai objectivement constatés :

  • un dégonflement général des gencives
  • des dents sensiblement plus blanches
  • une énergie débordante (moi qui suis d’habitude très sensible à la fatigue quand elle survient, j’ai le sentiment ces temps-ci de ne plus du tout la « subir »)
  • et la plus surprenante : une réduction incroyable de mes envies de sucre. Sans rire, je suis la première bluffée, d’autant plus que c’est un effet auquel je ne m’attendais pas. Après quelques recherches, j’ai constaté que d’autres témoignages allaient en ce sens, j’ai donc décidé d’y croire vraiment.

Bien évidemment, cette pratique n’est réellement pertinente que si elle est couplée à une bonne hygiène de vie globale et il importe de garder en tête qu’un test subjectif de 30 jours ne peut suffire à démontrer l’efficacité de l’oil pulling. Je ne vous encouragerai donc pas à vous mettre à l’oil pulling « parce que ça marche » mais plutôt à expérimenter cette habitude si la curiosité vous a piqué. Et puis, comme le dit Juliette en parlant de l’hypnose, ce n’est pas parce qu’on ne sait pas exactement comment une chose fonctionne qu’elle ne fonctionne pas, c’est aussi et avant tout une question de réceptivité.

* Attention, je ne suis pas médecin et n’ai aucunement la volonté de prétendre connaître les fondements scientifiques de cette pratique. Pour toute information complémentaire, je vous invite à faire vos propres recherche pour vous façonner une idée ou à interroger un professionnel de la santé (qui, ma foi, risque de vous rire au nez). 

Et vous, est-ce que vous avez déjà tenté l’oil pulling ? Ou expérimenté par curiosité une pratique peu commune par chez nous ?