Nuit de juin, la vie derrière, la vie devant.

Juin-1

Qu’est-ce qui importe, au juste, que reste-t-il agrippé à nos peaux jusqu’au creux de nos nuits ? La brise sur ton visage, le vent dans les rideaux gris et la lumière qui se faufile à travers cette danse de coton, qui colorie tes traits à l’aquarelle. Changeants. Elle danse, la flamme du grand soir ou du petit jour, elle valse sur tes paupières et dégringole le long de tes joues pleines. Tes grands yeux bleus se plissent, ton rire m’inonde, pur et vibrant – entier, mais comment pourrait-il en être autrement ? Scène triviale, tableau commun, épisode du quotidien. Allongée sur le parquet, je respire ta peau que je connais par coeur et, tout me semble tellement merveilleux soudain, quand s’arrête la cacophonie dans ma tête et que seuls restent en dedans le silence et la conscience. De notre richesse à tous les trois. De ce qui compte pour moi. De la fugacité de cette vie-là. Il se pourrait, tu sais, que j’aie ce soir encore un peu de sel au bord des yeux.

Nuit de juin, la vie derrière, la vie devant. Donne-moi ta main, rends-moi plus sage, donne-moi le temps.