Le jour où j’ai cessé d’attendre.

1SPJ20Je fais partie de ceux qui chérissent les années qui passent pour ce qu’elles apportent de sagesse, de rencontres, d’expériences et de savoir. Je n’ai pas peur de grandir et tous les âges que j’ai traversés depuis vingt-sept ans ont été successivement les plus beaux. Parce que je considère mon état d’esprit et mon rapport à la vie comme constituant la valeur fondamentale, les seules variables qui impactent tous mes présents, pour rien au monde je ne sacrifierais ma lucidité relative d’aujourd’hui contre mes brouillards du passé. Je n’ai pas peur de grandir mais j’ai peur de passer à côté de ce qui m’anime, j’ai peur de ne pas me donner la chance de faire de mon mieux. Je veux être perméable et ancrée, je veux flouter les limites entre le Moi et le reste du monde tout en vivant libre, sereine et fidèle à ce que je suis : un esprit vagabond, indépendant, un peu farouche perché sur un mirador pour observer, le jour et la nuit, l’univers autour.

Une fois dans ma poche mon diplôme d’université, j’ai évolué plusieurs années, par mimétisme et résignation (ne craignons pas les mots), tel un rond au pays des carrés. J’ai suffoqué plus d’une fois à force de vivre en cage toute la journée, j’ai même un jour perdu le Sens avant de prendre mon mal en patience et de retomber sur mes pieds. Aujourd’hui, une page se tourne et je sais ce que je veux écrire sur la suivante même si, à tout moment, le scénario est susceptible de changer. Je veux  continuer à créer. Du concret et de l’intangible. Des textes, des photos et des expériences. Je veux raconter des histoires. J’ai envie de rencontrer des gens qui me ressemblent et d’autres qui me ressemblent un peu moins. Je veux transmettre, je veux échanger. Je veux me dépasser. Pas parce que je vaux mieux que d’autres mais parce que je suis habitée par la somme de ces « vouloir », c’est une nécessité.

C’est donc guidée par ces grandes lignes-là que j’ai souhaité définir mon activité professionnelle hybride et que je construis à la force de mes bras ma petite vie d’indépendante. Une partie de cette activité sera désormais dédiée à la photo. L’humilité est une valeur essentielle et formidable mais elle ne devrait jamais servir d’excuse pour nous empêcher d’avancer. J’ai décidé d’arrêter d’attendre le bon moment pour me lancer, parce qu’il faut bien commencer quelque part, j’ai décidé ne pas attendre d’être à tout prix meilleure que les autres pour entrer dans l’arène et m’amuser. Il n’a jamais été aussi simple qu’aujourd’hui de créer de belles images et de s’auto-proclamer photographe mais j’ai envie de croire que j’ai moi aussi, dans cette histoire, quelque chose à raconter. Après tout, l’expérience m’a appris que nous sommes les premiers à qui il incombe l’attribution de nos propres légitimités.

Toutes les photos de cet article ont été prises en août en moins d’une semaine de temps. Il a suffi d’un appel collectif auprès de mes amis pour voir affluer un nombre incroyable de volontaires partants pour une session portrait. Je crois qu’il me fallait ces quelques jours fous pour lâcher-prise et réaliser pleinement l’énergie que la démarche de photographie m’insuffle. Ces quelques jours ont été grisants. Je sortais comme une flèche du boulot, appareil-photo sur l’épaule pour rejoindre un visage connu de près ou d’un peu plus loin, et je photographiais « pour du beurre » pendant deux heures. J’ai beaucoup expérimenté, je me suis autorisée à tâtonner et si mon auto-critique me fait dire que tout est loin d’être parfait, qu’est-ce que j’ai appris, bon Dieu, qu’est-ce que j’ai appris !

Voilà tout ce que je suis venue vous dire. Je n’ai pas besoin d’être rassurée, je crois que je voulais simplement partager et vous dire  comme c’est bon d’être en liberté (et si vous cherchez une photographe ou une rédactrice web/print, vous m’appelez ? :) ).

1SPJ01 1SJ21SPJ02 tumblr_nstzmp7gBJ1ud6d7jo1_12801SPJ03 1SPJ161SPJ051SPJ191SPJ181SPJ04Mille mercis à Alice, Elo, Claire et Charline de s’être prêtées au jeu !

En attendant un vrai site, vous trouverez d’autres photos ici.

Et vous, vous vous êtes déjà donné les moyens de vous lancer dans ce qui vous brûle le coeur et les doigts ?