Life lately – Juin, après le jour

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Nuit de juin, des années plus loin, le même parfum enivrant des chemins de terre et des trottoirs fumants, celui de l’orage après la torpeur d’un jour noyé sous un soleil lourd. On se faufile à travers les heures, on savoure les soirs clairs, les glaces et puis les fraises, on arpente les rues d’une ville étrangère pieds nus dans de vieilles sandales et le goût de lire, peu à peu, me revient. Cinq mois que tu grandis en moi, et que mon coeur s’est mis à grandir à l’unisson avec toi. J’aimerais te raconter, déjà, la saveur particulière de ces vendredis où, après t’avoir aperçu mon tout petit, les joues encore rosies par l’eau salée de ma joie qui déborde un peu, on s’attable autour d’un petit-déjeuner de roi tous les deux – tous les presque trois. Un jour, bientôt, je te raconterai comme on s’aime à t’attendre, je te lirai Rimbaud en juin, en janvier, en novembre, on t’emmènera sentir à l’aube des vendredis l’odeur du café et celle des croissants chauds, même sous la pluie, même aux jours les plus sombres de l’hiver, on ira. Mais déjà ta présence s’impose dans chaque recoin – elle a la forme du coton blanc – et apaise mon impatience à te serrer contre moi.

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