Sur ta peau, la Grande Ourse, tatouée.

Commetoi-1J’aime la Grande Ourse que la varicelle a dessiné sur ton front, petits cratères d’enfant vainqueur, d’enfant poète, d’enfant douceur. J’aime les secrets que tu nous glisses à l’oreille, tout bas, ces chuchotements que toi-même tu ne comprends pas. J’aime ta peau froissée au réveil, tes joues roses et tes cheveux chiffonnés. J’aime tes « têtâ ? » le doigt pointé, partout, tout le temps, sans trêve : les noms, les formes, les couleurs, les comment, les pourquoi. Tout savoir, tout. Il y a tant à voir, tant à apprendre, tant de chances de vibrer, de trembler, de s’émouvoir. Oui, tant ! J’aime tes bras enroulés autour de nos cous après les cauchemars. J’aime tes rires sonores, sans retenue, tes histoires, tes manies, tes regards. Tu grandis et, à cette mesure, ma pudeur de t’écrire elle aussi. Déjà tu prends le large, petit homme, déjà tu vis pleinement pour toi même si ton corps, lui, est encore blotti dans nos bras. Tu es sensible comme toi. Heureux comme toi. Prudent comme toi. Curieux comme toi. Un peu comme nous; si différent de nous ! Raconte-moi comment le monde se joue à travers toi, tiens-moi la main, lâche-la, file loin, oublie-moi, vis pour toi. Reviens-moi.