En coin.

Gyps-1

D’où vient donc cette petite gêne qui les pousse à plonger leur menton dans le col des manteaux, ces gens-là, d’où ça leur vient de creuser le sol avec les yeux pour y enfouir ce sourire qui leur grimpe aux joues, à ceux-là. A quoi doit-on l’envie de réprimer un fou-rire solitaire dans la rame bondée du métro, à quoi, dites-moi, à quoi ça rime cette histoire-là ? Qui diable au nom d’une certaine idée de la pudeur peut justifier de taire son coeur devant un monde intimidant ? Je ne saurais dire combien de temps ça m’a pris de ne plus réprimer un sourire inopiné qui s’en vient, là comme ça, devant des inconnus. Mais ce temps, c’est une chose sûre, ce temps a été long pour que je réalise « ah que de temps perdu » et que je m’aime un peu mieux quand il m’arrive, par hasard, de me marrer seule dans la rue.