Echos

Merdunord-2
Qu’est-ce donc que l’infini sinon une tentative de délimiter en six caractères ce qui n’a pas de limites, ce qui se soustrait à tout modèle, ce qui échappe à notre manière de penser l’univers ? Que sommes-nous sinon un mélange d’énergie et de matière, des amas de cellules doués d’intention, d’imagination et d’attraction, glissant sur le fil d’une toile – vibrante ! – chargée des émotions de tout un monde ? Tout vibre, résonne et se répond : ferme les yeux et écoute, le silence est sonore.
 
On sait l’impuissance de nos savants les plus fous à élaborer la formule du sacro-saint Sens de l’existence. Mais on poursuit cette quête fondamentale, obstinés depuis la nuit des temps, poussés par le besoin d’embrasser, d’apprivoiser, de comprendre ce qui dépasse l’entendement. On sait qu’on mourra – est-ce que mourir c’est disparaître ? – avant d’avoir tout su, avant d’avoir tout vu. On dit « C’est humain ». J’ajouterai « C’est vertigineux, grisant, magnétique ». Et, à la fin, tu sais, je serai heureuse d’avoir vécu.