L’eau du ciel tout entière

Juin-16

Vingt-quatre degrés, pieds nus dans mes toiles blanche, une goutte dévale du ciel. Puis une autre, qui la suit, et une autre encore. Le déluge tombe à point nommé, à poings serrés. La pluie vient, qui purifie et me soustrait un temps à mes ennuis. On ne se cache pas des torrents d’été sous une ombrelle, non, on les mange la bouche ouverte, on les accueille comme des Saluts. Pourtant, on aime haïr la pluie au moins autant qu’elle nous manque. On dit « je manque d’air » et on ne voit pas tout l’air glissé entre et en dedans des larmes de ce géant céleste. Le ciel. On sait rarement ce qui se cache derrière les voiles, mais on peut le chercher, le toucher dans un rêve salé comme la mer. C’est un devoir – humain – que celui de scruter au-delà des apparences, d’aller fouiller toujours un peu plus loin.

La pluie nourrit la flore et l’animal, elle est faiseuse de vie. Alors aujourd’hui j’ai laissé dans ma poche mon petit parapluie.

(Ou peut-être qu’en vérité je l’avais oublié, vous savez, mais j’ai voulu me faire croire que c’était une bonne idée.)