Minimalisme

Minimal

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Mercredi, 18h12, je pousse la porte de l’appartement et laisse derrière moi une de ces journées grises dont on émerge un peu morose, un peu endolori. Ma tête est pleine à craquer de ces faiblesses de passage qui, même si on les sait provisoires, forment comme un marécage noyé dans un léger brouillard. J’ai conscience des noeuds qu’il me faut délier mais, faute de savoir par où commencer, je dis « ce soir, je ne suis pas de bonne compagnie », j’allume un nombre impair de bougies et, pour me changer les idées, je me remplis d’images, de musique, de mots jusqu’à sentir mon corps – « c’est trop ! » – prêt à déborder.

Alors, je clappe l’écran de mon ordinateur, bondis sur mes pieds et me mets à… ranger. Je trie, je range, je jette, j’enlève les photos sur les murs, je décroche les guirlandes en papier, j’empile dans une caisse tout ce qui ne sert pas et la sort sur le palier. Parce que c’est comme ça, parce que je suis une cocotte livrée sans soupape, parce qu’on se débat chaque jour dans une débauche d’informations, parce que ça sature bien trop vite là-haut, parce qu’il semble certains jours qu’on ait muré la porte de sortie, parce qu’il y a, je crois, tant de vie et de bruit qui s’entassent à l’intérieur qu’il n’y a plus de place pour le désordre et le trop-plein à l’extérieur. J’ai besoin du vide pour arriver à penser, j’ai terriblement besoin du presque-rien pour respirer.

Est-ce que l’intérêt pour le minimalisme est symptomatique de notre monde de sur-information, de sur-consommation ? Certainement. Est-ce que le minimalisme constitue une réponse dans laquelle nous pouvons tous nous retrouver ? Probablement que non. S’il fut un temps où, enthousiaste, je partageais cette euphorie que me procurait la thérapie par le vide, j’ai compris avec le temps qu’il s’agissait également d’une question de personnalité. Que certains, au contraire, ont besoin de garder, d’amasser, d’archiver.

En philosophe de comptoir – un café allongé à la main - je serais tentée de croire qu’on a tous nos petits arrangements, que l’on fait tous de notre mieux pour maintenir le juste équilibre entre le dehors et le dedans, sans le savoir vraiment, tous un peu différemment.

Est-ce que chez vous aussi votre environnement est un baromètre de votre état d’esprit ?

 

DIY – Pour des cadeaux durables

Il y a quelques semaines, Natasha du blog Echos Verts me proposait de rejoindre un petit projet qu’elle mettait sur pieds aux côtés de Clementine du blog Clémentine la mandarine. Toutes deux sont engagées dans la question écologique et attachent beaucoup d’importance à la consommation responsable, des valeurs que je partage entièrement. Noël approchant (presque), elles ont décidé de prendre les devants en lançant un défi à 22 blogueuses : et si, cette année, on se creusait les méninges et déliait nos dix doigts pour offrir des cadeaux utiles, durables, peu onéreux et/ou à base de récup’ ? C’est comme ça que, chaque jour de novembre, un DIY sera publié sur un des 24 blogs participants. Chouette, non ?

Me voilà donc il y a tout juste un mois répondant à Natasha un « Je participe ! » enthousiaste. Je fais partie de ces gens qui adorent littéralement Noël, qui font résonner les vieux chants de Noël dès la fin du mois de novembre, qui tiennent à ce qu’on attendent leur visite pour décorer le sapin familial et qui chérissent le plus sincèrement du monde cette soirée un peu spéciale passée en famille. Mais, s’il y a bien une chose qui me chiffonne tous les ans, c’est la chasse aux cadeaux. Chez nous, on a trouvé la parade : on tire au sort le nom de celui à qui l’on offrira son cadeau. En théorie, on s’y tient. Dans la pratique, on se retrouve à chercher quand même un « petit quelque chose » pour les autres aussi. Et à se retrouver dans la foule des magasins, à se demander ce qui nous a poussé à venir dépenser de l’argent pour un cadeau qui ne servira peut-être pas. A l’inverse, je ne suis pas une « fille à cadeaux ». Recevoir quelque chose qui ne me plaît pas et qui finira dans le fond d’une armoire provoque en moi un véritable malaise, parce que, tout bonnement, « les fonds d’armoire » n’existent pas chez moi. Si ça ne sert pas, ça s’en va. Mais comment fait-on quand le geste, lui, est sincère et beau (et qu’il a coûté de l’argent) ?

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J’ai donc accueilli ce challenge de Noël très positivement avant de me demander ce que j’allais bien pouvoir créer de mes dix doigts qui puisse être à la fois durable, à base de matériaux récupérés ET joli. Parce que j’aurais pu vous proposer un DIY « Bonhomme en bouchon de liège et allumettes » ou encore un DIY sculpture intitulé « Vieille brosse à dent plantée dans une pomme-de-terre », mais je me suis mise à la place de celui qui recevrait ces cadeaux (je suis une personne pleine d’empathie) et mon petit doigt m’a dit que ce n’était pas là de trop trop bonnes idées. Alors, j’ai mis mon manteau et j’ai pris le bus pour me rendre aux Petits Riens, l’Emmaüs belge, en me disant que j’allais certainement trouver l’inspiration là-bas. Et c’est finalement au rayon vaisselle qu’a surgi l’illumination (Edit : Je ne m’avancerai pas à dire, par contre, que cette idée est fondamentalement originale et que je suis un génie, il m’a suffi de taper « plant cup » dans Pinterest pour m’en rendre compte). Ces tasses dépareillées (il a fallu fouiller) allaient accueillir des petites plantes grasses pas très compliquées à garder en vie. Alors, Gisèle, le défi est-il relevé ? Récup’ : on a ! Durable : on a ! Peu onéreux : on a ! Mignon : on a ! Gisèle dit « oui ! ». Alors c’est parti !

Pour réaliser ce DIY, il te faut :

- Une petite plante ou un cactus
- Des jolies tasses de la taille des plantes sur-citées ainsi que des sous-tasses en guise de sous-pots
- Du terreau spécial succulentes/cactus
- Des petits cailloux (trouvés, pour ma part, au rayon poissons d’un magasin animalier, mon imagination est pleine de ressources)
- Une perceuse équipée d’une tête à céramique
- Du scotch de peintre

(Pour une version « les doigts dans le nez » ou si vous n’avez pas de perceuse sous la main, servez-vous des tasses comme simples cache-pots, sans rempoter les plantes dans du terreau. Veillez toutefois à ce que le pot en plastique ne dépasse pas la hauteur de la tasse.)

Pour l’agrémenter de messages (plus) inspirés (que les miens) :

- Du papier cartonné
- Un cutter ou des ciseaux
- Des piques à apéro ou de petits bouts de bois
- Un feutre

DIY-challenge-Noel-1Etape 1 : Perce trois trous au fond de la tasse à l’aide d’une perceuse. Cette étape est indispensable à l’écoulement de l’eau. Pour éviter que la tête ne glisse sur la porcelaine ou la céramique, colle au préalable une bande de scotch sur la zone à percer.

DIY-challenge-Noel-3(Note : Cette main d’homme fort n’est là que pour illustrer (il fallait bien que je prenne la photo), cette étape est tout à fait réalisable par des mains délicates et inexpérimentées. Attention, l’opération est un peu bruyante. )

DIY-challenge-Noel-4Etape 2 : Place quelques cailloux au fond de la tasse pour le drainage. Sors la plante de son pot en appuyant sur les côtés et secoue légèrement les racines. Place la plante sur les cailloux et comble le pourtour avec du terreau, c’est le moment de mettre les doigts dans la terre.

DIY-challenge-Noel-5Et voi-là !

DIY-challenge-Noel-6Etape 3 : si tu souhaites  offrir ces plantes, je te propose de les accompagner d’un gentil mot de circonstance. Pour ma part, j’ai découpé des formes de feuilles sur lesquelles j’ai inscrit des mots très importants. Mais tu peux être bien plus bavard que moi et y écrire une belle déclaration ou même une blague nulle. Petite astuce : si le dîner se déroule chez vous, servez-vous de ces plantes en tant que marque-places en y indiquant les prénoms de vos convives, ils pourront (si vous le souhaitez) les emporter en partant.

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Voilà, il ne reste plus qu’à prendre une belle photo de famille ! J’espère de tout coeur que ce DIY vous aura plu, n’hésitez pas à m’envoyer des photos si vous le réalisez.

Pour être tenus au courant de tous les DIY publiés dans le cadre de ce Challenge de Noël, je vous invite à vous inscrire à la newsletter du challenge via le blog de Natasha ou de Clémentine. Hier, Clémentine proposait un coussin baleine. Et demain, rendez-vous sur le blog de Natasha pour le prochain DIY !

Beau dimanche à tous (et Joyeux Noël) !

Pssst : Venez faire la fête avec moi sur Facebook et Instagram si le coeur vous en dit !

Ex-minimalisme, achèvement ou en chemin ?

Muji Japan house
Qu’on le nomme simplicité volontaire ou sobriété heureuse, le minimalisme est devenu pour moi ces derniers mois moins une hygiène de vie qu’une religion. D’abord parce que mes croyances et mes résolutions sont souvent dépassées malgré moi par la réalité du quotidien. Mais également parce que j’aime cette idée qui me dépasse, qui ne m’appartient pas en propre et dans la lumière de laquelle j’aime me blottir les yeux grands ouverts, cet idéal en ligne de mire qui donne forme aux perspectives du présent et de l’avenir dont je rêve pour moi.
Après des mois, des années à évoluer vers cette évidence minimaliste dans laquelle je me vois en miroir, je suis encore grisée lorsque j’expérimente le moment d’après « avoir fait de la place ». J’ai toujours quelque chose à donner, à vendre, à jeter et des cartons dont je dois me débarrasser. Il y a toujours un peu de place à faire pour de l’espace et de la lumière. Autant dire que cette obsession fait rire mon entourage quand elle ne provoque pas une totale incompréhension – qui se sépare de dizaines d’étagères de romans après cinq années d’études littéraires ? Mais c’est comme ça, c’est moi, le tri et l’idée de démarrer à zéro me rendent presque euphorique.
Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? Parce qu’une amie m’a dirigée vers le très bon article Pourquoi je suis un « ex-minimaliste » et que ma première réaction à la suite de sa lecture a été « J’aurais pu l’écrire presque mot pour mot ». De la prise de conscience aux résolutions puis à l’action, du voyage de plusieurs mois avec 12 kilos sur le dos pour seule maison à un minimalisme plus raisonné, je me suis reconnue dans chacune de ces phases. Pourtant, le temps passant, la progression vers cet idéal minimaliste me procure sans relâche les mêmes frissons, la même jouissance, la même impression de respirer à pleine tête et à pleins poumons. Alors, après m’être reconnue dans cette définition d’ex-minimaliste, je laisse le ex- à d’autres pour poursuivre dans un processus que j’espère sans fin.
Et vous, ça vous parle cette notion d’ex-minimalisme, ou de mode de vie minimaliste tout court ?