Sweet white

Les Boréales – Sweet white – Apprivoiser la page blanche

Nous voilà déjà au dernier rendez-vous de la semaine dédiée au Blanc dans le cadre de notre projet Les Boréales. Pour moi qui ne publie généralement que dans l’instantané, préparer des articles dans un contexte imposé a été une expérience très enrichissante qui me donne l’envie folle de travailler encore et encore pour fournir sur ce petit espace du contenu de qualité. Merci à vous pour le bel accueil que vous nous avez réservé ! Quant à ce dernier article, il tombe sous le sens, et j’espère de tout coeur qu’il saura clôturer comme il se doit cette semaine immaculée.

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J’écrivais sur ce blog il y a quelques temps que l’acte d’écrire n’était, à mon sens du moins, ni facile ni anodin. Difficile de croire, une fois les mots bien alignés, rythmés, rimés même, que derrière un simple texte s’est quelquefois jouée une bataille de quelques heures dont le protagoniste, seul au monde, s’en est sorti – Dieu soit loué – avec un mal de tête carabiné. Dans un monde où tout semble avoir été pensé pour nous distraire, nous sommes nombreux à déplorer de grandes difficultés à nous concentrer. Exposés à 17352 stimuli au cours de la journée, nous focaliser sur une seule et unique tâche peut s’avérer terriblement paralysant. On contourne, on se disperse, on ferme les yeux, on prend la fuite, comme s’il on avait désappris à nous confronter à nous-mêmes dans le silence assourdissant de notre for intérieur.

Alors, écrire ! Mes mains, ma tête et la page blanche. Des intuitions, une vague idée, tout à créer. Si je devais partager avec vous mon plus grand apprentissage relatif à la démarche d’écriture, c’est qu’il ne faut jamais attendre « le bon moment » pour se mettre à rédiger. S’il y a bien des conditions susceptibles de favoriser la concentration, rien ne sert par contre d’espérer qu’un jour nous tombe dessus, dans une pluie de paillettes-papillons, la providentielle inspiration. Ecrire, ça se travaille. Même si ça fait mal.

Comment apprendre à faire face sans ciller à l’intimidante page blanche ? Comment ne pas céder à l’appel du grand Internet ou du four à préchauffer (team « je fais des gâteaux pour décompresser ») ? Je n’ai pas de réponse miracle à ces questions mais j’ai, en revanche, quelques solutions à vous proposer. (suite…)

Les Boréales – Sweet white : la pâte à tartiner au chocolat blanc

patechocolatblanc7D’aussi loin que je me souvienne, le blanc a toujours figuré au palmarès de mes couleurs préférées. Tout ce qui m’entoure, des murs de ma chambre à ma garde-robe en passant par mes meubles et mon assiette, a toujours porté la trace de mon affinité pour les couleurs claires et, à Monsieur-le-glacier dans la camionnette orange, je chuchotais timidement « une boule à la vanille s’il-vous-plaît » tandis que les mômes flanqués d’une moustache au chocolat s’accordaient à dire que « la vanille, ça n’est pas un vrai goût », c’est comme ça. Pour autant, à l’époque, j’aimais aussi le chocolat, à condition qu’il soit blanc, ou qu’il y ait du lait dedans.

Le chocolat blanc, c’est la barre de Galak échangée contre quelques francs au comptoir de la cantine, c’est la stratégie soigneusement élaborée pour rafler tous les oeufs blancs de blancs de la grande tablée de Pâques, c’est la tablette de chocolat qui trônait un peu plus rarement que les autres sur les étagères de la maison mais dont je n’oublie pas – ça, jamais ! – la saveur douce et bien trop sucrée dont on s’enivrait, enfants, en rigolant. Le chocolat blanc, c’est le chocolat qu’on snobbe « parce qu’on est trop grand », qu’on traite d’imposture mais dont – c’est un secret – je raffole toujours autant. C’est aussi le pot de pâte à tartiner saisi sur l’étagère du Pain Quotidien un jour de grand chagrin et ramené à la maison pour adoucir la torpeur des jours de rien. On ne devrait jamais noyer nos larmes dans un pot de chocolat mais, que les dieux me pardonnent, parfois la raison me dépasse, c’est plus fort que moi.

C’est un peu tout ça, le chocolat blanc. C’est le petit-déjeuner qui s’étire dans la douceur d’un dimanche, c’est seize heures qui sonnent dans l’hiver le moment du goûter, c’est la tranche de pain tartinée en douce pour un dessert improvisé. C’est, enfin, une pâte à tartiner tellement facile à réaliser qu’on pourrait en cuisiner cent-vingt-deux pots les yeux fermés.

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