Les Boréales

Les Boréales – Blue mood : la vaisselle revisitée (DIY)

A quoi ressemblait la vaisselle dans laquelle vous mangiez quand vous étiez petits ? Chez nous, les assiettes étaient blanches avec des motifs floraux bleu marine, ces fameuses assiettes que l’on trouve aujourd’hui dans toutes les brocantes pour trois francs six sous. Il y avait un endroit et un envers, à ces assiettes-là, et je veillais attentivement au bon alignement de cette petite compagnie si on était un jour impair parce que les jours impairs, c’était mon tour de mettre et de débarrasser la table. Entre nous, j’ai vite constaté l’arnaque et je ne manquais pas de crier au scandale à chaque mois qui avait le malheur de compter 31 jours. Par ailleurs, j’ai toujours eu une affection particulière pour les nombres impairs, alors je suppose que ça n’était pas si grave que ça en avait l’air et que ça n’a, tout compte fait, pas trop impacté celle que je suis devenue aujourd’hui. D’ailleurs, ça ne m’a pas empêchée de développer une véritable histoire d’amour avec la vaisselle (comme beaucoup d’entre vous je parie, non ? ne faites pas semblant). Autant j’ai des frissons rien qu’à imaginer une armoire débordant de vaisselle dont une moitié seulement serait utilisée, autant j’ai du mal à résister à une jolie pièce de porcelaine ou d’émail blanc. Résultat, ma vaisselle est joyeusement dépareillée mais pleine de tasses, bols, assiettes et couverts que j’aime beaucoup. Voilà, je ne sais plus trop pourquoi je vous raconte tout ça, mais je serais ravie de lire les histoires de vos relations tumultueuses avec la vaisselle, c’est un sujet bien moins absurde qu’on ne le pense, croyez-moi.

Porcelaine5Pour ce second article des Boréales autour du bleu, j’ai à nouveau pris le cap des contrastes en vous proposant un DIY autour d’un bleu profond et du blanc de la porcelaine. Le premier qui dit que ça n’était là qu’un bon prétexte pour traîner de manière légitime du côté du rayon vaisselle de Dille&Kamille n’aura pas tout à fait tort. Mais j’ai à coeur de créer des petites choses que j’aimerais vraiment utiliser au quotidien alors, l’un dans l’autre, faute avouée et justifiée complètement pardonnée. Je vous l’accorde, ce DIY n’en mérite presque pas le nom tellement il est simplissime et évident. L’idée derrière tout ça était donc de revisiter la vaisselle blanche et bleue de mon enfance. Vous y reconnaîtrez le motif de l’affiche que j’ai voulu décliner cette semaine comme un fil rouge (ou bleu ?), et puis les mots qui sont comme une constante ici. Mieux que la tranche d’une boîte de céréales à décrypter machinalement au petit matin, j’ai voulu transformer une assiette, objet trivial, en morceau de roman (Océan mer, Alessandro Baricco), en un appel au songe que l’on connaîtrait par coeur à force de plonger le nez dedans. Attention toutefois à ne pas y servir des aliments liquides ou chauds et à ne pas la passer au micro-ondes, si la peinture de ces feutres est prévue pour résister au lave-vaisselle, il vaut mieux éviter le contact avec n’importe quelle nourriture. Par contre, je ne vois pas d’objection à y déposer le croissant du dimanche :)

- Matériel -

- Un feutre fin de peinture à porcelaine à fixer au four (Pébéo ou Posca)
- De la vaisselle en porcelaine blanche qui résiste au passage au four (astuce écono/écolo : vous trouverez ce type de vaisselle pour presque rien chez Emmaüs/Les petits riens)
- Eventuellement, un extrait de votre roman préféré, une chouette citation ou des « motivational quotes »

- Procédé -

Si vous décorez de la vaisselle neuve, assurez-vous de laver vos pièces correctement afin d’éliminer tout film de graisse qui empêcherait à la peinture de s’y fixer. Après ça, il n’y a plus qu’à laisser parler vos envies et votre créativité ! Si vous faites une rature, il est possible d’effacer le motif tant qu’il n’est pas trop sec à l’eau chaude ou avec un coton tige imbibé d’alcool.  Et si la pointe du feutre s’assèche, c’est qu’elle est peut-être bouchée. Dans ce cas, retirez la pointe et rincez-la à l’eau chaude. En fonction des recommandations indiquées sur votre feutre, laissez sécher vos créations au moins 24h avant de les passer au four. Si vous respectez les temps de séchage et cuisson, la peinture devrait parfaitement résister au passage au lave-vaisselle. Et voilà !

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Retrouvez les autres articles de la semaine « Blue mood » des Boréales par ici :

Un DIY pour des jolies tennis d’été (Miss Blemish)
L’affiche bleue (Le plus bel âge)
Le cheesecake myrtilles-violette (Miss Blemish)

Et chez vous, elle était comment la vaisselle de votre enfance ?

Les Boréales – Sweet white – Apprivoiser la page blanche

Nous voilà déjà au dernier rendez-vous de la semaine dédiée au Blanc dans le cadre de notre projet Les Boréales. Pour moi qui ne publie généralement que dans l’instantané, préparer des articles dans un contexte imposé a été une expérience très enrichissante qui me donne l’envie folle de travailler encore et encore pour fournir sur ce petit espace du contenu de qualité. Merci à vous pour le bel accueil que vous nous avez réservé ! Quant à ce dernier article, il tombe sous le sens, et j’espère de tout coeur qu’il saura clôturer comme il se doit cette semaine immaculée.

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J’écrivais sur ce blog il y a quelques temps que l’acte d’écrire n’était, à mon sens du moins, ni facile ni anodin. Difficile de croire, une fois les mots bien alignés, rythmés, rimés même, que derrière un simple texte s’est quelquefois jouée une bataille de quelques heures dont le protagoniste, seul au monde, s’en est sorti – Dieu soit loué – avec un mal de tête carabiné. Dans un monde où tout semble avoir été pensé pour nous distraire, nous sommes nombreux à déplorer de grandes difficultés à nous concentrer. Exposés à 17352 stimuli au cours de la journée, nous focaliser sur une seule et unique tâche peut s’avérer terriblement paralysant. On contourne, on se disperse, on ferme les yeux, on prend la fuite, comme s’il on avait désappris à nous confronter à nous-mêmes dans le silence assourdissant de notre for intérieur.

Alors, écrire ! Mes mains, ma tête et la page blanche. Des intuitions, une vague idée, tout à créer. Si je devais partager avec vous mon plus grand apprentissage relatif à la démarche d’écriture, c’est qu’il ne faut jamais attendre « le bon moment » pour se mettre à rédiger. S’il y a bien des conditions susceptibles de favoriser la concentration, rien ne sert par contre d’espérer qu’un jour nous tombe dessus, dans une pluie de paillettes-papillons, la providentielle inspiration. Ecrire, ça se travaille. Même si ça fait mal.

Comment apprendre à faire face sans ciller à l’intimidante page blanche ? Comment ne pas céder à l’appel du grand Internet ou du four à préchauffer (team « je fais des gâteaux pour décompresser ») ? Je n’ai pas de réponse miracle à ces questions mais j’ai, en revanche, quelques solutions à vous proposer. (suite…)

Les Boréales – Sweet white : la pâte à tartiner au chocolat blanc

patechocolatblanc7D’aussi loin que je me souvienne, le blanc a toujours figuré au palmarès de mes couleurs préférées. Tout ce qui m’entoure, des murs de ma chambre à ma garde-robe en passant par mes meubles et mon assiette, a toujours porté la trace de mon affinité pour les couleurs claires et, à Monsieur-le-glacier dans la camionnette orange, je chuchotais timidement « une boule à la vanille s’il-vous-plaît » tandis que les mômes flanqués d’une moustache au chocolat s’accordaient à dire que « la vanille, ça n’est pas un vrai goût », c’est comme ça. Pour autant, à l’époque, j’aimais aussi le chocolat, à condition qu’il soit blanc, ou qu’il y ait du lait dedans.

Le chocolat blanc, c’est la barre de Galak échangée contre quelques francs au comptoir de la cantine, c’est la stratégie soigneusement élaborée pour rafler tous les oeufs blancs de blancs de la grande tablée de Pâques, c’est la tablette de chocolat qui trônait un peu plus rarement que les autres sur les étagères de la maison mais dont je n’oublie pas – ça, jamais ! – la saveur douce et bien trop sucrée dont on s’enivrait, enfants, en rigolant. Le chocolat blanc, c’est le chocolat qu’on snobbe « parce qu’on est trop grand », qu’on traite d’imposture mais dont – c’est un secret – je raffole toujours autant. C’est aussi le pot de pâte à tartiner saisi sur l’étagère du Pain Quotidien un jour de grand chagrin et ramené à la maison pour adoucir la torpeur des jours de rien. On ne devrait jamais noyer nos larmes dans un pot de chocolat mais, que les dieux me pardonnent, parfois la raison me dépasse, c’est plus fort que moi.

C’est un peu tout ça, le chocolat blanc. C’est le petit-déjeuner qui s’étire dans la douceur d’un dimanche, c’est seize heures qui sonnent dans l’hiver le moment du goûter, c’est la tranche de pain tartinée en douce pour un dessert improvisé. C’est, enfin, une pâte à tartiner tellement facile à réaliser qu’on pourrait en cuisiner cent-vingt-deux pots les yeux fermés.

patechocolatblanc1 (suite…)