Ecriture

J’écris : petites manies et chouettes outils

dailysprinkles4-11Voilà un moment maintenant que je souhaitais aborder ici la question de l’écriture sous ses aspects pratiques, en espérant que mes petites habitudes de rédaction pourront en intéresser quelques-uns parmi vous. De l’interface à l’environnement, voici un petit tour d’horizon de mes manies d’écrivain du dimanche :)

OmmWriter

Ommwriter est l’outil dont il me serait bien difficile de me séparer aujourd’hui. Il s’agit d’une interface dédiée à l’écriture qui ne peut être utilisée qu’en plein-écran et qui garantit une véritable immersion dans le processus de rédaction. Il suffit de choisir parmi une poignée d’options très sobres l’arrière-plan, la couleur et la taille de la police ainsi que le fond sonore. L’expérience (car il s’agit bien d’une expérience) est plus immersive encore avec un casque sur les oreilles et, pour compenser l’isolement sonore, il est même possible d’ajouter un faux bruit de clavier que je trouve, pour ma part, terriblement apaisant.

Après plusieurs mois d’utilisation, je reste fascinée par le pouvoir hypnotisant d’OmmWriter. Il m’arrive d’ailleurs très souvent d’être surprise par la fluidité avec laquelle mes propres mots s’alignent et la musique avec laquelle j’ai pris l’habitude de rédiger m’aide à détecter naturellement les soucis de rythme (un jour, je vous parlerai de mon obsession pour la syllabe en trop ou la virgule mal placée).

Du son dans les oreilles

De manière générale, je n’aime pas écrire dans le silence. Alors, si je n’ai pas OmmWriter sous la main, j’ai le réflexe Spotify. En fouillant un peu, il est facile de trouver des pépites de playlists dédiées à l’écriture ou à la concentration. Pour ma part, j’ai tendance à toujours revenir à des valeurs maintes fois éprouvées, à savoir Jónsi, Bach et Chopin. Et je ne pense pas me tromper en affirmant que Satie compte de nombreux adeptes également.

Dans un autre registre, certaines ambiances sonores ont elles aussi un pouvoir immersif intéressant même si elles sont loin de faire l’unanimité. J’ai ainsi rédigé quelques travaux durant mes études à l’aide de Coffitivity (ambiance de café) ou encore RainyMood (bruit de pluie et d’orage).

Un environnement adéquat

Une personne n’est pas l’autre et une atmosphère particulière en inspirera un et en déconcentrera un autre. Il n’y a donc pas de recette en matière d’environnement pour écrire, uniquement des expérimentations. J’adore pour ma part écrire dans des cafés, un casque sur mes oreilles et du monde qui va et vient autour de moi. Mais, la plupart du temps, j’écris couchée sur le ventre ou assise en tailleur sur mon canapé (heureusement pour mon dos, je n’écris pas toute la journée). D’autres préféreront écrire assis à un bureau minimal ou, au contraire, au milieu d’un sacré fouillis. En matière de créativité, il faut avant tout expérimenter.

Un peu de matériel

Si vous vous destinez à écrire souvent (promis, si j’arrive à en faire mon métier un jour, j’investis dans une jolie chaise ergonomique et j’abandonne mon lit), il y a selon moi des investissements qui valent vraiment le coup : un bon casque audio (on en trouve déjà de très corrects aux alentours de 30€) et, le Graal absolu (qui, par ailleurs, n’engage que moi), un ordinateur doté d’un écran confortable pour les yeux ainsi que d’un clavier adapté à votre sensibilité. Lorsque je me suis fait voler mon précédent portable (un 12 pouces très pratique à balader), j’ai mis des semaines à me décider sur son remplaçant. J’ai testé, désespérée, tous les claviers de tous les ordinateurs de toutes les boutiques de Bruxelles avant d’admettre que les claviers d’Apple me convenaient le mieux. J’ai bien conscience que la seule possibilité du choix est un luxe mais, ayant en tête d’en faire à terme un véritable outil de travail, je ne regrette absolument pas mon choix.

 Voilà pour ce premier aperçu de ma routine d’écriture. Je serais curieuse à présent de connaître vos manies à vous ! Dites-moi, quels sont vos programmes, vos musiques, vos environnements préférés pour écrire ou créer ?

Petit PS : J’ai bien conscience de réutiliser une photo de cet été mais il faut bien avouer que le soir qui tombe à 16h30 ne me laisse que très peu d’occasions de sortir mon appareil photo ces temps-ci. On dira que ça ira pour cette fois, oui ? ;)

Ecrire, c’est

ecrirecest

Ecrire n’est un acte ni facile ni anodin. Ecrire, c’est dire la vérité quand bien même tout ce que l’on raconte est faux. En vérité, la page blanche n’a de blanc que le vide que nos yeux consentent à nous montrer. Mais eux, les yeux, savent la tempête qui se trame dans leur dos. Les brouillards, les certitudes, les envies, les colères, les appréciations, les noeuds, tous ces mirages et tout le Monde, tout ce qui teinte nos vies particulières, les apprentissages et les peines, érigent jour après jour sans jamais s’arrêter le plus bel ouvrage que l’esprit ait porté. Oh, ce n’est pas une cathédrale, non plus une acropole que des statues semblables à celles qui dorment sur l’Île de Paques. C’est un vitrail, le plus vaste que l’on puisse se figurer, un vitrail sans limites, une oeuvre majestueuse qui porte en elle plus de nuances que l’on n’en verra jamais sur la voûte de l’arc-en-ciel.

Ecrire, c’est dire la vie à travers ce prisme extraordinairement complexe et changeant. Ecrire, c’est livrer à un instant donné la perception que l’on a d’une idée, d’une fiction, d’une sensation. Ecrire, c’est admettre que l’alignement des mots ne sera jamais deux fois pareil, c’est accepter de changer de point de vue avec le temps. Oser écrire – et Dieu sait qu’ « oser » est le terme le plus approprié quand on a suffisamment éprouvé l’écriture que pour savoir à quel point elle peut être douloureuse -, c’est faire preuve d’une tendre bienveillance envers soi. C’est accepter l’impermanence des choses et accepter d’être vulnérable, mis à nu, même déguisé des plus beaux mots de la plus belle langue du monde.

Ecrire, enfin, c’est se confronter à son individualité. Qui d’autre que moi peut raconter la vie comme je l’ai fabriquée à l’arrière de mes yeux à l’aide, précisément, des couleurs qui composent mon vitrail si compliqué ? Ecrire, c’est extérioriser et rendre sensible le JE qui existe sans que l’on sache toujours comment l’expliquer. Ecrire, c’est se manifester aux autres, se manifester à soi. Ecrire, tu sais, c’est un peu s’assurer d’exister.