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Les Boréales – Sweet white : la pâte à tartiner au chocolat blanc

patechocolatblanc7D’aussi loin que je me souvienne, le blanc a toujours figuré au palmarès de mes couleurs préférées. Tout ce qui m’entoure, des murs de ma chambre à ma garde-robe en passant par mes meubles et mon assiette, a toujours porté la trace de mon affinité pour les couleurs claires et, à Monsieur-le-glacier dans la camionnette orange, je chuchotais timidement « une boule à la vanille s’il-vous-plaît » tandis que les mômes flanqués d’une moustache au chocolat s’accordaient à dire que « la vanille, ça n’est pas un vrai goût », c’est comme ça. Pour autant, à l’époque, j’aimais aussi le chocolat, à condition qu’il soit blanc, ou qu’il y ait du lait dedans.

Le chocolat blanc, c’est la barre de Galak échangée contre quelques francs au comptoir de la cantine, c’est la stratégie soigneusement élaborée pour rafler tous les oeufs blancs de blancs de la grande tablée de Pâques, c’est la tablette de chocolat qui trônait un peu plus rarement que les autres sur les étagères de la maison mais dont je n’oublie pas – ça, jamais ! – la saveur douce et bien trop sucrée dont on s’enivrait, enfants, en rigolant. Le chocolat blanc, c’est le chocolat qu’on snobbe « parce qu’on est trop grand », qu’on traite d’imposture mais dont – c’est un secret – je raffole toujours autant. C’est aussi le pot de pâte à tartiner saisi sur l’étagère du Pain Quotidien un jour de grand chagrin et ramené à la maison pour adoucir la torpeur des jours de rien. On ne devrait jamais noyer nos larmes dans un pot de chocolat mais, que les dieux me pardonnent, parfois la raison me dépasse, c’est plus fort que moi.

C’est un peu tout ça, le chocolat blanc. C’est le petit-déjeuner qui s’étire dans la douceur d’un dimanche, c’est seize heures qui sonnent dans l’hiver le moment du goûter, c’est la tranche de pain tartinée en douce pour un dessert improvisé. C’est, enfin, une pâte à tartiner tellement facile à réaliser qu’on pourrait en cuisiner cent-vingt-deux pots les yeux fermés.

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Les infusions épicées, petits boosteurs d’immunité

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* Avant-propos : cet article n’a pas pour vocation de donner des conseils d’ordre thérapeutique. Si des éclaircissements étaient nécessaires, pensez à consulter un spécialiste de la santé. *

Le ciel est gris, le vent souffle, la pluie martèle les fenêtres et la ville a sorti ses manteaux. Il m’a fallu du temps pour apprendre à aimer l’automne, son atmosphère humide et ses sols jonchés de feuilles mortes. Mais l’automne n’en reste pas moins un sacré mystère, au même titre que le printemps, l’été et l’hiver. Et il nous faut faire avec trois mois par an, sans exception, pour permettre au froid de s’installer doucement, pour donner du relief aux fleurs d’avril et aux ciels bleu des grandes vacances. Et pour accueillir sereinement les mois en -bre, j’ai une méthode imparable : consommer sans modération les meilleurs fruits et légumes de la saison, sortir la deuxième couette qui dormait dans le fond d’une armoire depuis le mois de mars, s’attabler des heures entières dans les petits cafés les plus chaleureux de la ville (je rêve de pouvoir travailler partout et de passer mes journées à écrire dans des lieux publics, j’ai toujours été plus concentrée avec le monde qui va et vient autour de moi, quelqu’un a un job du genre sous le bras ?), ne s’habiller que de coton épais et de laine et, enfin, boire du thé vert et des tisanes dans des mugs immenses toute la journée.

Aujourd’hui, pour prolonger la petite routine racontée par ici, je vais vous parler d’infusions épicées que je consomme quotidiennement en cette saison. Si vous êtes abonnés aux sachets de thé ou tisane tout faits, j’aimerais vous montrer qu’avec un peu de curiosité et au prix de quelques ingrédients basiques de qualité, vous pouvez vous préparer en quelques secondes de véritables petits boosteurs d’immunité.

Infusion gingembre et/ou curcuma

infusion2C’est durant mon mois passé au Laos que j’ai définitivement adopté le « ginger tea (with honey) ». On le trouve là-bas dans de nombreux bouibouis et, s’il n’avait pas croisé ma route si souvent, j’aurais certainement bien trop abusé de la Beerlao. Le gingembre et le curcuma possèdent de puissantes propriétés antioxydantes. Cela signifie que certains de leurs composants agissent sur le vieillissement en ralentissant le processus d’oxydation des cellules.  Ils sont tous deux étudiés de près pour leur rôle avéré dans la prévention de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Si les quantités de gingembre ou de curcuma telles qu’utilisées en cuisine traditionnelle ne constituent pas des doses thérapeutiques à proprement parler, ces deux plantes sont excellentes pour lutter contre la fatigue et les petites baisses d’énergie. En infusion, le gingembre et le curcuma pris avant un repas facilitent également la digestion.

Pour réaliser une infusion de gingembre et/ou de curcuma frais, coupez quelques centimètres de racine, retirez la peau et râpez-la ou coupez-la en fines lamelles. Laissez infuser dans de l’eau frémissante pendant cinq minutes. Et voi-là ! Le goût de ces deux épices étant très prononcé et un peu piquant, je conseille aux palais réticents d’ajouter un peu de miel qui se marie très bien avec ce type de saveurs.

Infusion menthe et clous de girofle

infusion3La menthe a une réputation de « plante à tout faire » (on lui prête des propriétés antiseptiques, antidouleurs et même antistress), elle pousse très facilement sous nos climats et il est très facile de trouver de la menthe poivrée en vrac ou en sachet en épicerie bio pour un prix très démocratique. Le clou de girofle, quant à lui, est également un bon antiseptique naturel et lutte contre certains parasites du système digestif. Tout comme le gingembre et le curcuma, la menthe et le clou de girofle facilitent tous deux la digestion.

L’infusion de menthe et de clous de girofle est rafraichissante et très douce. Pour la réaliser, versez de l’eau bouillante sur des feuilles séchées de menthe poivrée et quelques clous de girofle (l’équivalent de 3 par tasse) et laissez infuser 7-8 minutes.

Et puis les autres

infusion4Les deux infusions décrites ci-dessus sont celles que je préfère et que je consomme le plus régulièrement. Mais d’autres épices ou racines font des petits miracles : l’infusion de thym en cas de rhume fait des merveilles (par contre, niveau goût, c’est une autre histoire), la racine de valériane est apaisante (cette fois-ci, c’est l’odeur qui en fera fuir certains) et la cannelle et les graines de cardamome sont largement utilisées dans les tisanes ayurvédiques. Alors, fouillez les rayons épices des petites boutiques spécialisées, ils regorgent littéralement de petits boosts naturels et délicieux.

Et vous, quels sont vos mélanges préférés pour parer les grands vents d’automne ?

5 gestes pour aborder l’automne en douceur

automne4L’automne a frappé à nos portes et traîne dans son sillage les jours qui raccourcissent, la luminosité qui décline (bien que si belle en cette saison), le brouillard du matin, les pulls en maille et les collants. Septembre a beau avoir le goût grisant des nouveaux départs, j’ai vu autour de moi ces derniers temps beaucoup de gens grognons, moroses et fatigués. De mon côté, un retour de vacances et une rentrée coup-de-feu dans une atmosphère maussade ont eu raison de mon moral et de mon corps en un rien de temps. Perte d’appétit, les nerfs à fleur de peau et le coeur battant à cent à l’heure, j’ai eu le vertige quand j’ai réalisé dans quelle spirale ce début d’automne m’avait plongée. Septembre m’avait mise au tapis, je n’étais plus qu’un noeud de stress, il fallait réagir sans perdre de temps.

Jeudi, je retrouve la magique V. autour d’un thé sacré. Entre autres belles paroles, on parle de la vie, de la maladie, de la mort aussi. Elle dit « On ne naît pas neutre », quelque chose d’antérieur à nous nous détermine. C’est une vision de la vie qui donnerait presque confiance en la mort. J’ai pour ma part la certitude, alimentée par la sagesse de l’Ayurveda, que l’environnement nous constitue, que tout – les éléments, les énergies, le Cosmos même – n’est qu’Un et que nous ne sommes que des manifestations physiques d’un assemblage particulier de ces fragments, qu’ils soient sensibles ou non. Par conséquent, je crois fermement que le climat et les saisons ont un impact sur notre corps et notre mental – c’est d’ailleurs sur cette philosophie qu’est basée la doctrine ayurvédique. Je n’entrerai pas ici dans les détails pour ne pas me risquer à des approximations mais si la question vous intéresse, je vous encourage à vous renseigner, c’est une médecine traditionnelle fascinante et pleine de bon sens.

J’accorde donc de l’importance à la variation des routines en fonction des saisons afin d’équilibrer mes énergies pour m’assurer de rester en bonne santé (2 ans que je n’ai pas été malade – si ce n’est de stress, malheureusement -, champagne !). Pour éviter de sombrer dans la morosité ambiante et garder un optimisme à toute épreuve, voici donc un petit tour de gestes quotidiens qui me permettent d’aborder la saison froide en douceur.

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Le réveil : Je programme mon réveil suffisamment tôt que pour ne pas subir ma routine matinale au pas de course. Les bons matins, je prends cinq bonnes minutes pour réveiller mon corps, bouger, m’étirer avant de sauter dans ma douche. Dans l’idéal, j’aimerais grappiller cinq autres minutes pour méditer mais les habitudes ont la vie dure et j’ai toujours terriblement peur d’être en retard – ce n’est pourtant qu’une question de volonté.

Le petit-déjeuner : L’automne est souvent propice à l’assèchement de la peau et du corps en général. Pour palier un trop-plein de Vata, l’Ayurveda recommande de se tourner vers une alimentation chaude et épicée. Pour ma part, je débute ma journée avec un thé vert ou une infusion (gingembre frais, menthe poivrée, curcuma, mélange Chaï) et enchaîne un peu plus tard avec un porridge chaud (flocons et son d’avoine, lait végétal et cannelle). J’ajoute à cela des amandes ou des noix qui ont trempé durant la nuit, des graines (courge, lin,…) et/ou des fruits secs (raisins, abricots, cranberry,…). De manière générale, une infusion épicée prise avant un repas alimente le feu digestif et nous aide, par conséquent, à mieux digérer. Enfin, on a beau répéter que le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée, rien n’empêche de le prendre quelques heures après s’être levé. Alors écoutez votre corps, il est votre meilleur conseiller !

automne5Manger de saison : La nature est un sacré miracle. Et si les variétés de fruits et de légumes varient au fil des saisons, ce n’est pas un hasard. Les produits de saison sont non seulement bien meilleurs en goût mais sont aussi plus chargés en nutriments. Alors, pour manger chaud (crudivores, vous pouvez ne pas être d’accord) sans m’embêter tous les soirs en cuisine, je privilégie les soupes et les plats uniques de légumes et légumineuses que j’accompagne de céréales complètes (riz, quinoa, petit épeautre, boulgour,…). Enfin, j’utilise les épices sans modération. Rappelez-vous, l’automne a besoin de saveurs prononcées, de chaleur, de feu !

automne1Les massages et les soins : Au-delà de l’effet relaxant, les massages devraient faire partie de notre hygiène de vie à part entière. A commencer par l’auto-massage qui ne nécessite qu’un peu d’huile de sésame et d’avoir quelques minutes devant soi. Une à deux fois par semaine, je me masse énergiquement le corps de bas en haut, le ventre (centre de tellement de tensions) y compris. Pour en tirer tous les bénéfices, il est recommandé de prendre un bain 15 à 30 minutes après ce petit rituel. Vous vous souvenez de Roger ? Roger m’a dit « Le sang est comme l’eau. Si l’eau stagne, les bactéries se développent, elle devient trouble. L’eau d’une rivière, au contraire, du fait de son mouvement perpétuel, est limpide et saine ». De la même manière, le massage contribue à activer la circulation sanguine et à libérer les énergies bloquées dans la nuque, les jambes, le dos, les épaules. Côté soins, je maintiens ma logique selon laquelle l’environnement nous constitue et je privilégie le naturel (savon d’Alep ou de Marseille – attention aux faux -, huiles végétales).

automne2Le rituel du soir : Clôturer sa journée par une routine contribue à s’assurer un sommeil de qualité et à éviter le « syndrome des yeux fixés au plafond toute la nuit ». Moi qui suis de ceux qui intériorisent énormément et ruminent en permanence, extérioriser par écrit ma journée me fait un bien fou. Il ne s’agit pas de tenir un journal intime mais d’énumérer, même sur une feuille volante, les faits et d’exprimer des sentiments dominants pour les objectiver. Méditer dix à vingt minutes le soir est également bénéfique et je me suis promis de m’y astreindre plus régulièrement. Enfin, un diffuseur d’huiles essentielles constitue un excellent investissement. L’huile de lavandin, par exemple, fait des merveilles juste avant de dormir.

Voilà donc un petit aperçu des bons gestes qui facilitent ma transition à l’automne. Je ne vais pas vous mentir, je n’applique pas tout à la lettre tous les jours même si, à la longue, ils sont devenus de véritables réflexes. Finalement, tout ceci relève du bon sens. Le plus important, dans cette histoire, c’est de rester connecté à soi, de se respecter du corps à la tête. Bref, de s’écouter :)

NB : Toutes les recommandations énumérées ci-dessus n’engagent que moi et n’ont pas pour vocation de remplacer les conseils d’experts de la santé. Faites-en donc ce que vous voulez ;)

Et vous, quels sont vos rituels d’automne préférés ?