C’est dimanche #41

Dimanche2

* Depuis un an, je tiens presque religieusement un petit récap’ hebdomadaire des articles qui m’ont plus au cours de la semaine pour les partager avec vous sur la page Facebook du blog. Mais depuis septembre, le besoin de réduire la quantité d’informations et d’épurer mes sources de lecture a pris le pas sur cette rubrique qui restait pour moi un rendez-vous privilégié avec vous. Après plus d’un mois d’absence, je signe donc la reprise du « C’est dimanche » sur le blog cette fois, comme une conversation informelle et un peu décousue avec une tasse de thé et quelques liens à cliquer, un compromis rempli d’un peu plus de sens pour moi. Vous me direz si ça vous plait. *

Sans transition, comme beaucoup d’entre vous, j’imagine, mon amour pour la musique est cyclique et obsessionnel. Il y a bien sûr des constantes, colonne vertébrale qui témoigne d’une cohérence (très relative) de mes goûts musicaux, des tangentes bien installées autour desquelles viennent graviter des mélodies qui restent accrochées dans ma mémoire auditive, collantes comme des épis de blés qui s’agrippent à nos manches en été. Des mélodies dont la répétition indécente n’engage et n’affecte que moi jusqu’à ce que je chante sans plus m’en rendre compte sans trop de mesure et que je soupçonne mes voisins d’en faire quelque peu les frais. En réponse à quoi je ne nourris plus le moindre soupçon de culpabilité depuis le jour où l’un d’entre eux nous a gratifiés pendant plusieurs heures d’un Les copains d’abord entonné du bas de sa voix de baryton. Egalité.

La chanson qui tourne en boucle chez moi ces derniers jours dit « I wanna live like we live in the summer » et je ne pourrais lui donner davantage raison, le ciel gris d’ici nous force à un rationnement de lumière qu’aucune musique ne peut vraiment compenser. Elle parle aussi d’amour, à peu près comme toutes les autres. Y a-t-il, au fond, d’autres motifs que l’amour, la mort, la fuite et les départs qui font des préoccupations plus universelles et finissent tôt ou tard en chansons ? Le temps qui passe, peut-être, la nostalgie, comme celle-ci qui poursuit par « every year it gets a little bit harder to get back to the feeling of when we were fifteen ». Et c’est vrai, je crois, quels que soient la hauteur et le poids des montagnes que l’on ait déplacées depuis lors, est-ce que l’on oubliera jamais la langueur tortueuse, intense et détachée de nos étés adolescents ? Quel vertige de réaliser que les années nous ont changés au moins autant qu’elles nous ont préservés, en essence. Même si une demi-vie nous a filé entre-temps sous les pieds.

C’est une chose fascinante que la question du grandir et du vieillir. Où placer la limite entre les deux ? Quand finit-on de grandir pour commencer à vieillir ? Si grandir s’achève une fois atteinte la majorité, il y a des chances que l’on passe bien plus de temps à vieillir qu’à grandir. Et vieillir, c’est mourir un peu. Vieillir, dans notre langue, réfère au processus d’usure, de défaillance, de déchéance, d’obsolescence. Grandir, c’est l’ascension, vieillir, c’est la chute lente. Du moins, biologiquement, scientifiquement, rationnellement parlant. C’est pas rose de vieillir en français, c’est impitoyable. Est-ce qu’on peut être grand mais vieux ? Est-ce qu’on peut être vieux et grand ou petit ? Puisque nos corps finiront tous par nous trahir, les vauriens, reste à voir ce que l’on souhaite faire de nos têtes tant qu’il nous reste la chance de les gouverner. Sur ces considérations, je n’ai pas de conclusion à apporter mais j’ai en revanche deux jolies vidéos à vous montrer : il y a grandir, il y a vieillir.

En octobre, l’automne dans ma blogroll ressemblait à ça, ça et ça, côté cuisine j’ai eu envie de ça et de ça aussi. J’ai aussi beaucoup écouté cette très belle reprise-là. Où il est question d’amour encore, comme par hasard, (et de Tom Fletcher), on ne nous la fait pas.

Et vous, comment s’est passé votre week-end ? Quelle chanson tourne en boucle dans votre tête en ce moment ? Et dites-moi, entre nous, vous êtes plutôt du genre vieux ou grands ?

Passez un doux dimanche soir et une belle semaine, à vite !