Matins d’azur

SunMercredi de plein hiver, ébloui, piquant, glacé. Les rayons nous cueillent à l’aube derrière les rideaux avant que les « mama papa » ne résonnent dans la chambre bleue. // Plus tard. // Ils ricochent sur les tôles des voitures lancées dans la ronde, qui transportent leurs chauffeurs qui se croisent sans se voir. La lumière blanche inonde tout, scintille sur les flaques gelées, éclatées en forme d’étoiles polaires. // Je m’installe à une table. // La vitre est si froide que le vent me passe à travers, distillant l’air de rien des fantômes de glaçons dans mon café noir. J’enfouis mes mains engourdies dans la laine, les yeux penchés sur le spectacle de la rue. Etre là sans l’être, s’autoriser quelques secondes d’absence au monde et toucher du doigt le vertige de n’être là pour personne, n’est-ce pas la meilleure des postures ? // Il dépose devant moi trois spéculoos. // Je cligne des yeux et reviens au jour qui m’appelle ; petite rengaine de mes matins d’azur.