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Cinque Terre – La dolce vita, suite et fin

Il y a des jours où l’envie me vient de raconter le monde entier. Et il y a ceux où il me semble avoir oublié comment aligner les mots, les jours où ces mots pèsent si lourds qu’ils paraissent murés au fond de moi, ces jours où je lutte pour me souvenir comment les faire glisser sous ma peau jusqu’au bout de mes doigts. Mais comme cet Ici me manque, je prends mon corps serré à deux mains et entreprends de délier les noeuds pour vous raconter la dernière étape de notre joli voyage de dix jours de rien du tout qui ont eu le goût d’une petite éternité. Rappelez-vous, on était là, dans la maison aux pierres jaunes plantée au milieu des herbes brûlées par l’été. Au second matin, on a petit-déjeuné comme des rois sur la longue table de bois clair dans la pièce au sol de pierre baignée de soleil. On a refait nos sacs une fois encore, remercié nos hôtes, jeté un coup d’oeil en arrière et on a repris la route vers la mer.

On arrivait bientôt au petit port de Le Grazie où l’on avait loué un petit bateau pour nos deux dernières nuits sous le ciel d’Italie. Il y a eu là les apéros sur le pont, le sommeil qui tangue, la toute petite baie colorée et les dîners au port arrosés de vin pour trois fois rien. En vérité, on avait roulé jusqu’ici pour fouler les ruelles de Cinque Terre dont je me faisais une idée de joli paradis. Partis confiants, on a pourtant rapidement déchanté devant la foule indisciplinée, la longue attente à la gare et les hordes de gens à la queue-leu-leu dans les rues des villages. Seuls les sentiers qui rallient ces villages les uns aux autres ont su compenser cette fâcheuse déconvenue. En haute saison, les Cinque Terre sont bien plus jolies lorsque l’on se contente de les observer de loin.

cinqueterre11cinqueterre12 cinqueterre10cinqueterre13cinqueterre14cinqueterre16cinqueterre15* Petits aspects pratiques concernant les Cinque Terre *

Selon moi, un seul jour suffit pour visiter les cinq villages. Je vous conseille d’acheter la veille le Pass train-sentiers afin d’éviter la pénible attente à la gare le jour J. Si vous vous lancez sur les sentiers, sachez qu’ils ne sont pas véritablement compliqués mais qu’il vaut mieux prévoir des baskets confortables pour les aborder (autrement dit : oubliez les petites sandales). Pour ce qui est du logement, je vous conseille mille fois le bateau d’Alessio à Le Grazie (des bus fréquents assurent la liaison avec La Spezia).

* Itinéraire et logements *

Notre itinéraire nous à menés à travers Florence, San Gimignano, Monteriggioni, Sienne, Montefollonico, Montepulciano, Montalcino et Cinque Terre. Mon coup de coeur va au Val d’Orcia qui n’est ni plus ni moins que l’incarnation sans artifices des images de la Toscane sur cartes postales. A Florence, je vous recommande cet appartement absolument parfait et, si vous avez une voiture solide avec d’excellents pneus, la jolie maison loin de tout à Castiglione d’Orcia. Du reste il y a de vraies pépites sur Airbnb. Si vous n’êtes pas encore inscrit, enregistrez-vous via ce lien pour profiter d’un crédit de 19€ sur votre première réservation.

 

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Aujourd’hui, c’était lundi. Mais pas n’importe quel lundi, un lundi qui suit les vacances, des vacances merveilleuses que je suis venue vous raconter au jour le jour, parce que j’en avais envie, parce que c’était si bien. Hier soir, petit pincement du coeur, la nuit difficile et ce matin le pas un peu moins léger qu’à l’ordinaire en direction du centre ville. Alors la nécessité de retrouver ce petit bonheur, un peu plus indispensable que d’habitude, de descendre du bus deux arrêts plus tôt pour prendre le temps mon thé-cookie de 8h20 autour du vélo noir de M. et J. - le plus longtemps possible, surtout. Mais récapitulons.

Jeudi soir, les corps en vrac, l’arrivée à bon port après 1200 kilomètres de route presque sans s’arrêter. Le lendemain, le petit-déjeuner tardif à répondre à vos mots adorables laissés au bas de paysages qui ont tellement compté pour moi dans cette poignée de jours passés là-bas. Filer au marché et remplir le frigo – ceci est faux, notre frigo est toujours vide – des petits nouveaux qui sentent déjà l’automne et aligner nos souvenirs d’Italie au chocolat – en vérité, on a aussi ramené trop de pesto et des pasta. Le soir, les pulls qu’on ne mettra pas, les apéros sur les hauteurs de Bruxelles et la brume qui nous empêche de voir loin. Enfin, le ginger tea retrouvé, les trésors de la brocante où on ne comptait rien acheter et le joli cadeau tombé dans ma boîte-aux-lettres à cause de cette histoire-là.

Douce semaine, et merci d’être là <3

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De la Toscane, des vélos et du bout du monde

Vendredi matin, on a salué Sienne, puis sa banlieue, puis l’autoroute pour aller vérifier par nous-mêmes que les collines à perte de vue, que les champs jaunes et les cyprès en rangs d’oignons existaient bel et bien ailleurs que sur les cartes postales. Il ne nous a pas fallu bien longtemps pour admettre que c’était encore mieux que ce que l’on avait imaginé. La Toscane est belle du ciel à la terre, elle est entière, elle dit la vérité. Alors, pour elle, on a laissé nos raisons de côté et on s’est offert quatre nuits dans deux belles maisons un peu à l’écart de presque tout.

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Il y a d’abord eu La Fratta, plantée au beau milieu des champs et des vaches blanches, une chambre claire trop grande pour nous, des vélos, des guêpes, des mouches et des pommes de pin. Et une tenancière d’une bienveillance incroyable, prévenante et drôle, dont les premiers mots à notre égard ont été « You guys are so lucky » – il paraît que c’était les premiers vrais beaux jours de l’été par ici. Sous un soleil de plomb, on a enfourché nos vélos dans la lumière du soir, puis le lendemain après le petit-déjeuner pour filer au hasard à travers champs jusqu’à ce que le chemin disparaisse et qu’on soit forcés de le rebrousser. Ca nous convenait si bien d’avoir été déraisonnables que, samedi, on a commandé une bouteille de blanc et qu’on a passé le genre de soirée qui nous laisse entrevoir pour un temps que l’avenir nous appartient.

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Puis on a repris la route, dépassé Montepulciano et découvert pour de vrai les plaines et les vallons arides du Val d’Orcia où les ballots de paille ressemblent, de loin, à des moutons. Après les pici a la tradizionale à l’ombre de la toute petite place de Montefollonico, il y a eu la maison perchée au bout d’un sentier de graviers long de sept kilomètres, une non-route si hostile et si isolée qu’elle nous a contraints, en otages, à ralentir le rythme de nos journées et à profiter de son cadre d’une simplicité somptueuse. Murs à la chaux, parquet massif, meubles en bois brut, vieux sol de pierre et linge blanc, le silence confortable se mérite, c’est certain. Les ciels de feu rose, orange et violet du soir aussi. Enfin, il me semble avoir découvert là-haut à quel point j’aimais le vent, moi qui me considère comme une fille de la terre. J’ai vu dans ces vieilles pierres un hommage aux éléments – vous auriez dû voir les éclairs silencieux zébrer la nuit noire – et me suis demandé, une fois encore, si j’aimerais un jour troquer la ville pour quelque retraite au beau milieu de presque rien, au moins de temps en temps.

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Et puis Sienne.

La chambre sous les voûtes, les panini les plus gros du monde, les lectures sous les oliviers, la Piazza del Campo au coucher du soleil, les pâtes au pesto, les petites chapelles, les grandes églises et les tout petits verres de Prosecco.

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Sur les routes de l’Italie

 

Quelques jours en arrière, on pensait dur comme fer qu’on arpenterait, le temps venu, les plages du Sud-Ouest de la France. A chasser les vagues, à rentrer chaque soir les chaussures débordant de sable, à regarder les initiés dompter la mer et à pédaler des jours entiers dans les chemins des Landes. Au lieu de quoi, on avait décidé sur un coup de tête d’envoyer tous nos plans balader pour se lancer sur les routes de Toscane, pour toucher pour de vrai les allées de cyprès et rouler de village en village en quête des meilleures tables de la région.

Après que l’on ait quitté Florence – non sans un « au-revoir » littéral -, sur la route de Sienne, il y a eu San Gimignano, le médiéval, l’incontournable, et Monteriggioni, le minuscule à l’abri des remparts. Il y a eu nos ascensions sous un soleil de plomb jusqu’à tomber sur de petits jardins délaissés par la horde de touristes, les lectures à l’ombre des pierres blanches, la douceur lente des jours d’été et la certitude qu’on ne s’était pas trompé.

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