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Daily sprinkles °7

dailysprinkles7_13Ces derniers jours, il y a eu la douceur des derniers soleils d’été, un joli moment passé au Creative Sunday (ces filles ont une pêche incroyable et ont monté un concept formidable. Bruxelloises, filez voir !), des nuits blanches et un long repos forcé. Il y a eu de belles rencontres et de jolis rendez-vous, des visages qui s’imposent avec le temps comme de belles évidences, d’autres qui secouent, qui me filent le sourire en grand, il y a eu des plans sur la comète et puis quelques confidences. Enfin, il y a eu l’automne, ses grappes sucrées et ses compotes de pommes, le petit rouge « pour un repas frites-boulettes » chez les amis, des petits papiers découpés et la poursuite, bien avisée, des séances en silence pour apaiser le coeur et les petits tourments.

Belle belle belle journée :)

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Le Sens qui s’était égaré

Manteau1Mardi, le corps usé, le coeur fou et les joues creusées, j’émerge d’une nuit rythmée par l’angoisse et les insomnies. Je me lève et je ne peux plus. Je suis là, debout dans le petit matin sombre, je grelotte, je tremble et j’ai tout oublié. Le réveil serein, la routine de l’aube, le bus à prendre, toujours le même, vers cet endroit auquel je n’appartiens pas, le masque à enfiler, les dents serrées, l’ordinateur à allumer, les feuilles à perforer et les mails à consulter. Je suis debout dans le matin, le soleil se lève, le ciel s’embrase, et le Sens m’a échappé.

C’est terrible, à mon âge, de n’avoir rien vu venir. D’avoir la vie devant soi, une santé exemplaire, mais de lever le nez un matin au pied du mur et de mesurer l’ampleur du mensonge érigé pour me protéger du danger, de l’incertitude, pour me garantir une sécurité illusoire, pour me trouver des excuses et éviter de me frotter trop fort à la vie qui pique, brûle, renverse et tue. Ce matin-là, j’ai la mer au bord des yeux et la furieuse envie de tout envoyer valser pour aller prendre l’air. Parce que je sais, au fond, que si la vie peut faire mal, elle berce, enflamme, transporte et fait danser les coeurs, aussi.

Pour la première fois, mon corps m’enjoint à m’arrêter. Alors, j’avise la cime d’un arbre, prends de la hauteur et contemple le chemin tortueux que je viens de traverser. J’ai un peu le vertige mais je reste perchée là, le temps de décider de quel côté entamer le chantier de la vie à venir. (…) Plus tard, le vent s’engouffre en moi et je sais qu’il me faut déjà repartir. Laisser tomber les barrières, défaire les liens trop lourds, suivre mon instinct et tracer mon chemin sans trop réfléchir. Parce que si la passion dévore, alors !

Lundi. Devant une limonade, E. ne sait plus si elle doit rester pour finir ce qu’elle a commencé ou tout quitter pour un avenir qui lui ressemble un peu. Vendredi. A. a été ballotée d’un travail à un autre et décide, pour la première fois depuis un moment, de s’accorder le temps de respirer. Samedi. V. a fixé l’échéance à décembre, pas plus loin. Samedi, plus tôt. C. s’est affranchi pour de bon de la quête de sécurité « qui n’existe pas ». Parce que la vie, bon Dieu !, c’est maintenant. Drôle de génération que celle qui ne sait pas mentir, qui court après le Sens et craint – bien trop souvent – de ne pas Devenir.

Ce soir pourtant, je ferme les yeux, compte jusqu’à trois et décide d’avoir foi en l’avenir. S’il faut sauter, je sauterai. Et s’il faut trembler, je tremblerai. Ce soir, mon histoire sur le dos, je guette la girouette et m’éloigne du sentier, prête à fouler les ronces parce que, « Pourvu qu’on ait l’ivresse ! », il nous faut avancer.

5 gestes pour aborder l’automne en douceur

automne4L’automne a frappé à nos portes et traîne dans son sillage les jours qui raccourcissent, la luminosité qui décline (bien que si belle en cette saison), le brouillard du matin, les pulls en maille et les collants. Septembre a beau avoir le goût grisant des nouveaux départs, j’ai vu autour de moi ces derniers temps beaucoup de gens grognons, moroses et fatigués. De mon côté, un retour de vacances et une rentrée coup-de-feu dans une atmosphère maussade ont eu raison de mon moral et de mon corps en un rien de temps. Perte d’appétit, les nerfs à fleur de peau et le coeur battant à cent à l’heure, j’ai eu le vertige quand j’ai réalisé dans quelle spirale ce début d’automne m’avait plongée. Septembre m’avait mise au tapis, je n’étais plus qu’un noeud de stress, il fallait réagir sans perdre de temps.

Jeudi, je retrouve la magique V. autour d’un thé sacré. Entre autres belles paroles, on parle de la vie, de la maladie, de la mort aussi. Elle dit « On ne naît pas neutre », quelque chose d’antérieur à nous nous détermine. C’est une vision de la vie qui donnerait presque confiance en la mort. J’ai pour ma part la certitude, alimentée par la sagesse de l’Ayurveda, que l’environnement nous constitue, que tout – les éléments, les énergies, le Cosmos même – n’est qu’Un et que nous ne sommes que des manifestations physiques d’un assemblage particulier de ces fragments, qu’ils soient sensibles ou non. Par conséquent, je crois fermement que le climat et les saisons ont un impact sur notre corps et notre mental – c’est d’ailleurs sur cette philosophie qu’est basée la doctrine ayurvédique. Je n’entrerai pas ici dans les détails pour ne pas me risquer à des approximations mais si la question vous intéresse, je vous encourage à vous renseigner, c’est une médecine traditionnelle fascinante et pleine de bon sens.

J’accorde donc de l’importance à la variation des routines en fonction des saisons afin d’équilibrer mes énergies pour m’assurer de rester en bonne santé (2 ans que je n’ai pas été malade – si ce n’est de stress, malheureusement -, champagne !). Pour éviter de sombrer dans la morosité ambiante et garder un optimisme à toute épreuve, voici donc un petit tour de gestes quotidiens qui me permettent d’aborder la saison froide en douceur.

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Le réveil : Je programme mon réveil suffisamment tôt que pour ne pas subir ma routine matinale au pas de course. Les bons matins, je prends cinq bonnes minutes pour réveiller mon corps, bouger, m’étirer avant de sauter dans ma douche. Dans l’idéal, j’aimerais grappiller cinq autres minutes pour méditer mais les habitudes ont la vie dure et j’ai toujours terriblement peur d’être en retard – ce n’est pourtant qu’une question de volonté.

Le petit-déjeuner : L’automne est souvent propice à l’assèchement de la peau et du corps en général. Pour palier un trop-plein de Vata, l’Ayurveda recommande de se tourner vers une alimentation chaude et épicée. Pour ma part, je débute ma journée avec un thé vert ou une infusion (gingembre frais, menthe poivrée, curcuma, mélange Chaï) et enchaîne un peu plus tard avec un porridge chaud (flocons et son d’avoine, lait végétal et cannelle). J’ajoute à cela des amandes ou des noix qui ont trempé durant la nuit, des graines (courge, lin,…) et/ou des fruits secs (raisins, abricots, cranberry,…). De manière générale, une infusion épicée prise avant un repas alimente le feu digestif et nous aide, par conséquent, à mieux digérer. Enfin, on a beau répéter que le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée, rien n’empêche de le prendre quelques heures après s’être levé. Alors écoutez votre corps, il est votre meilleur conseiller !

automne5Manger de saison : La nature est un sacré miracle. Et si les variétés de fruits et de légumes varient au fil des saisons, ce n’est pas un hasard. Les produits de saison sont non seulement bien meilleurs en goût mais sont aussi plus chargés en nutriments. Alors, pour manger chaud (crudivores, vous pouvez ne pas être d’accord) sans m’embêter tous les soirs en cuisine, je privilégie les soupes et les plats uniques de légumes et légumineuses que j’accompagne de céréales complètes (riz, quinoa, petit épeautre, boulgour,…). Enfin, j’utilise les épices sans modération. Rappelez-vous, l’automne a besoin de saveurs prononcées, de chaleur, de feu !

automne1Les massages et les soins : Au-delà de l’effet relaxant, les massages devraient faire partie de notre hygiène de vie à part entière. A commencer par l’auto-massage qui ne nécessite qu’un peu d’huile de sésame et d’avoir quelques minutes devant soi. Une à deux fois par semaine, je me masse énergiquement le corps de bas en haut, le ventre (centre de tellement de tensions) y compris. Pour en tirer tous les bénéfices, il est recommandé de prendre un bain 15 à 30 minutes après ce petit rituel. Vous vous souvenez de Roger ? Roger m’a dit « Le sang est comme l’eau. Si l’eau stagne, les bactéries se développent, elle devient trouble. L’eau d’une rivière, au contraire, du fait de son mouvement perpétuel, est limpide et saine ». De la même manière, le massage contribue à activer la circulation sanguine et à libérer les énergies bloquées dans la nuque, les jambes, le dos, les épaules. Côté soins, je maintiens ma logique selon laquelle l’environnement nous constitue et je privilégie le naturel (savon d’Alep ou de Marseille – attention aux faux -, huiles végétales).

automne2Le rituel du soir : Clôturer sa journée par une routine contribue à s’assurer un sommeil de qualité et à éviter le « syndrome des yeux fixés au plafond toute la nuit ». Moi qui suis de ceux qui intériorisent énormément et ruminent en permanence, extérioriser par écrit ma journée me fait un bien fou. Il ne s’agit pas de tenir un journal intime mais d’énumérer, même sur une feuille volante, les faits et d’exprimer des sentiments dominants pour les objectiver. Méditer dix à vingt minutes le soir est également bénéfique et je me suis promis de m’y astreindre plus régulièrement. Enfin, un diffuseur d’huiles essentielles constitue un excellent investissement. L’huile de lavandin, par exemple, fait des merveilles juste avant de dormir.

Voilà donc un petit aperçu des bons gestes qui facilitent ma transition à l’automne. Je ne vais pas vous mentir, je n’applique pas tout à la lettre tous les jours même si, à la longue, ils sont devenus de véritables réflexes. Finalement, tout ceci relève du bon sens. Le plus important, dans cette histoire, c’est de rester connecté à soi, de se respecter du corps à la tête. Bref, de s’écouter :)

NB : Toutes les recommandations énumérées ci-dessus n’engagent que moi et n’ont pas pour vocation de remplacer les conseils d’experts de la santé. Faites-en donc ce que vous voulez ;)

Et vous, quels sont vos rituels d’automne préférés ?

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Ces derniers jours, il y a eu le début de l’automne, les trésors du marché, un roman désuet à souhait, le froid qui pique de grand matin, le sacro-saint chou-rouge aux pommes, un appétit de tout petit oiseau, mon coeur resté accroché aux coteaux de Toscane et le bleu sous la peau pâle de mes yeux gris trop fatigués.

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Et puis, surtout, prenez soin de vous !

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Ecrire, c’est

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Ecrire n’est un acte ni facile ni anodin. Ecrire, c’est dire la vérité quand bien même tout ce que l’on raconte est faux. En vérité, la page blanche n’a de blanc que le vide que nos yeux consentent à nous montrer. Mais eux, les yeux, savent la tempête qui se trame dans leur dos. Les brouillards, les certitudes, les envies, les colères, les appréciations, les noeuds, tous ces mirages et tout le Monde, tout ce qui teinte nos vies particulières, les apprentissages et les peines, érigent jour après jour sans jamais s’arrêter le plus bel ouvrage que l’esprit ait porté. Oh, ce n’est pas une cathédrale, non plus une acropole que des statues semblables à celles qui dorment sur l’Île de Paques. C’est un vitrail, le plus vaste que l’on puisse se figurer, un vitrail sans limites, une oeuvre majestueuse qui porte en elle plus de nuances que l’on n’en verra jamais sur la voûte de l’arc-en-ciel.

Ecrire, c’est dire la vie à travers ce prisme extraordinairement complexe et changeant. Ecrire, c’est livrer à un instant donné la perception que l’on a d’une idée, d’une fiction, d’une sensation. Ecrire, c’est admettre que l’alignement des mots ne sera jamais deux fois pareil, c’est accepter de changer de point de vue avec le temps. Oser écrire – et Dieu sait qu’ « oser » est le terme le plus approprié quand on a suffisamment éprouvé l’écriture que pour savoir à quel point elle peut être douloureuse -, c’est faire preuve d’une tendre bienveillance envers soi. C’est accepter l’impermanence des choses et accepter d’être vulnérable, mis à nu, même déguisé des plus beaux mots de la plus belle langue du monde.

Ecrire, enfin, c’est se confronter à son individualité. Qui d’autre que moi peut raconter la vie comme je l’ai fabriquée à l’arrière de mes yeux à l’aide, précisément, des couleurs qui composent mon vitrail si compliqué ? Ecrire, c’est extérioriser et rendre sensible le JE qui existe sans que l’on sache toujours comment l’expliquer. Ecrire, c’est se manifester aux autres, se manifester à soi. Ecrire, tu sais, c’est un peu s’assurer d’exister.