L’été dans nos mains

 

 

boiscambre

Un soir de ceux qui suivent une de ces journées automatiques, je dis à G. ma crainte de voir filer l’été à la vitesse d’une comète, du solstice de juin à l’équinoxe de septembre, sans que je ne sois parvenue à y goûter pleinement. Je lui dis ma crainte de ne vivre vraiment l’été qu’au creux de l’hiver, inconstistant, fantasmé. L’été dont on parle comme un rêve un peu flou, emmitouflé dans une couette en plumes en regardant la pluie battre les carreaux, ceux-là même qu’on évite d’ouvrir trop souvent tant on craint l’air piquant du dehors.

On a compté sur nos doigts avant de se dire qu’il nous restait trop de nuits à égrainer d’ici les vacances, d’ici la petite voiture grise lancée sur les routes, d’ici la montagne, d’ici l’Océan. Alors, on s’est regardé dans les yeux et on s’est promis de ne plus laisser passer les jours comme s’ils ne comptaient pas. Tour à tour, on dresserait d’ingénieux stratagèmes pour saisir en passant toute la lumière de cette saison jaune, de l’aube au crépuscule du soir, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer.

Ce soir, à l’heure où le soleil entame sa lente descente derrière les grands arbres, il y a du pain, du fromage et le rouge sacré du petit village. Tandis que le parc s’anime au rythme des promeneurs, que les ombres s’allongent, j’écoute G. me parler de voyages, de partage et du bonheur d’aller voir ailleurs. Ce soir, pieds nus dans l’herbe, on est heureux pourtant d’être ici, la peau rougie par la chaleur ocre de la fin du jour alors que, dans un seul geste, on lève nos verres pour trinquer à cet été qu’on a fini – « tu vois ? » – par rattraper.

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Point cadeau : Vos témoignages à propos de lectures qui vous ont marquées d’une manière ou d’une autre au cours de vos vies ont été un vrai bonheur à lire. De la bibliothèque rose aux ouvrages méconnus, il y a là un monde à explorer. J’ai noté précieusement toutes ces références pour m’assurer de ne plus jamais me retrouver en panne d’inspiration à l’avenir. Merci à toutes d’avoir pris le temps de vous raconter.

Cependant, il a fallu que le sort décide de la destination de ces quelques livres. J’ai confié cette décision à une main innocente qui a décidé que Combien tu brilles hériterait de tout ça. Je te contacte par e-mail pour les détails concernant l’envoi :)

concours

Bel été !