C’est dimanche #50

Cestdimanche50Cinq mois que les partages du dimanche dorment dans l’arrière-boutique de ce blog, j’ai moi-même bien du mal à y croire tant j’ai pu l’alimenter de manière intransigeante et systématique plusieurs mois durant. Ce matin, j’ai été à nouveau titillée par l’envie d’échanger avec vous quelques petites choses qui ont retenu mon attention récemment. Je ne m’aventurerai pas à prétendre que la rubrique s’apprête à renaître de ses cendres pour de bon mais, eh, c’est déjà ça !

J’ai été happée par ce reportage feutré et coloré du travail de l’illustratrice Mügluck par Michaël Ferire.

Des mains, des matières organiques, des fruits trop mûrs et la passion de l’indigo.

Wise words

Pour le plaisir de l’évasion, 23 jeunes photographes français de talent.

Et puis ces images images superbes (quelle lumière !) saisies au fil du Nil par Alice. Toute la série ici.

Passez un beau dimanche, surtout !

Six mois

6-mois-2Le thé fume encore dans la théière, effluves d’épices – cannelle, gingembre, cardamome, le parfum vient de loin – et de pain chaud. Ce matin, on m’appelle Mademoiselle malgré mon ventre plein et je voudrais que ça dure encore un temps, au moins. Dans trois mois, dans six mois, dans deux ans, j’aurai toujours ce fouillis de cheveux entortillés à la hâte sur le haut de la tête, ce regard qui se noie dans le vide parfois, la même fille blonde et imparfaite que maintenant, les bras et la tête un peu plus encombrés seulement.

Tu en auras bu des thés, des cappuccini, des eaux pétillantes, tu en auras vu des tables de café durant ces longues matinées d’un été qui n’a de cette saison dorée que le nom. Tu en auras vécu des averses, des ciels noirs et des orages de nuit, la fraicheur du crépuscule et les foulards colorés qu’on enroule autour de nos cous quand on rêve de visages hâlés et de jambes nues. Après la Provence en hiver et le brouillard d’Amérique, tu auras vu à travers moi les ruelles étroites de Barcelone et la pierre rouge et ocre des maisons de Bologne, on en aura vu des paysages et de la terre vue du ciel, on en aura parcouru des kilomètres, toi et moi.

Moins de cent jours nous séparent de ta naissance et, puisque mon corps me fait signe qu’il est temps de cesser de courir après le temps, je m’affaire à préparer ta venue avec tout le bon sens et la mesure possibles, avec toute la confiance naïve dont on peut faire preuve quand on n’a pas tout vécu de la vie. Dans les livres, dans les récits de mes amies, je pousse la porte d’un monde complexe et fascinant, d’un univers constitué de variables infinies, d’incertitudes, de parcours tortueux, d’initiations perpétuelles, d’un tas d’erreurs inévitables et de fantastiques victoires. Dans le noir, avant de dormir, je te souffle combien on t’aime et combien, tu sais, on fera de notre mieux. Puisque rien n’est fondamentalement prévisible, au fond, je ne crains rien de ce qui nous attend.

Moins de cent jours et, tandis que tu joues des pieds et des coudes presque sans répit, tandis que tu ne sembles jamais dormir vraiment, je me délecte de chaque première fois : premier berceau, premier pyjama, premier livre. Premiers émois. Quelle chance de rejouer l’existence depuis le début, de reprendre la boucle, de bouleverser les perspectives et tout recommencer sous le masque et la cape d’un nouveau rôle. Quel vertige, quel bonheur, quel honneur de rejouer cette histoire universelle avec toi.

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Life lately – Juin, après le jour

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Nuit de juin, des années plus loin, le même parfum enivrant des chemins de terre et des trottoirs fumants, celui de l’orage après la torpeur d’un jour noyé sous un soleil lourd. On se faufile à travers les heures, on savoure les soirs clairs, les glaces et puis les fraises, on arpente les rues d’une ville étrangère pieds nus dans de vieilles sandales et le goût de lire, peu à peu, me revient. Cinq mois que tu grandis en moi, et que mon coeur s’est mis à grandir à l’unisson avec toi. J’aimerais te raconter, déjà, la saveur particulière de ces vendredis où, après t’avoir aperçu mon tout petit, les joues encore rosies par l’eau salée de ma joie qui déborde un peu, on s’attable autour d’un petit-déjeuner de roi tous les deux – tous les presque trois. Un jour, bientôt, je te raconterai comme on s’aime à t’attendre, je te lirai Rimbaud en juin, en janvier, en novembre, on t’emmènera sentir à l’aube des vendredis l’odeur du café et celle des croissants chauds, même sous la pluie, même aux jours les plus sombres de l’hiver, on ira. Mais déjà ta présence s’impose dans chaque recoin – elle a la forme du coton blanc – et apaise mon impatience à te serrer contre moi.

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« If you’re going to San Francisco, be sure to wear (…) »

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Trois semaines après mon retour de Californie, je clôture ici le récit de ce voyage dont je n’attendais rien de particulier et qui m’a finalement comblée. San Francisco, ville fantasmée à travers le monde entier, m’a séduite par son atmosphère légère entre ville, plage et nature, par ses rues larges et ses jolies façades à tous les coins de rue, par son sens de l’esthétique et sa luminosité incomparable. Pourtant prévenue, j’ai par ailleurs été interloquée de voir se côtoyer une richesse démesurée et une extrême pauvreté, je suis restée dubitative devant l’exil forcé des habitants les moins fortunés n’ayant pas pu résister à l’inflation fulgurante des loyers ces dernières années au nom de la béatification du sacro-saint berceau de l’innovation. Malgré ses travers qu’il m’est impossible de ne pas mentionner, San Francisco n’en reste pas moins une ville qui se vit, où il est bon flâner, une ville qui palpite et revêt mille visages. Je ne ferai pas de city-guide, d’autres s’en sont chargé à merveille avant moi (ici et , par exemple). D’autant plus que, enceinte et non immunisée contre la toxoplasmose, manger correctement s’est révélé pour moi un défi de tous les jours et mes tentatives pour dégoter une alimentation végétarienne, saine, bonne et sans élément cru se sont très souvent soldées par un échec (comprendre overdose de pizzas margherita). Plutôt que de vous avouer m’être réfugiée dans les rayons de Whole Foods dès que j’en avais l’occasion, voici une petite liste non exhaustive de ce que je retiendrai de nos déambulations là-bas :

  • Les maisons colorées typiques de l’architecture de la ville qui, contrairement à ce que je pensais, ne sont pas cantonnées à un quartier. Elles sont véritablement partout.
  • J’ai adoré l’ambiance de Dolores Park, noir de monde en fin de journée, et l’atmosphère des rues de Mission et Castro aux alentours.
  • Prendre le petit-déjeuner à la Boulangerie de San Francisco (plusieurs enseignes à travers la ville), en particulier celle située sur Hayes Street
  • La vue imprenable depuis Twin Peaks sur la ville en contrebas vaut incontestablement le détour.
  • Depuis Alamo Square, j’ai aimé le contraste surprenant des Painted Ladies qui se détachent sur un fond de gratte-ciels.
  • Les plages immenses d’Ocean Beach, parce qu’une ville bordée par l’Océan, comment vous dire ?!
  • Et puis avoir passé cinq nuits dans une chambre Airbnb au sein d’un appartement fabuleux (malheureusement non référencé en ce moment sur le site) avec pour hôte un photographe talentueux qui, le dernier jour, nous a immortalisés à l’Instax après de longs bavardages.

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SanFrancisco-11 SanFrancisco-12SanFrancisco5-1SanFrancisco6-1SanFrancisco7-1SanFrancisco4-1SanFrancisco8-1PS : Pour les curieux qui planifieraient un voyage en Californie, voici un bref aperçu de notre itinéraire (en 16 jours) : San Francisco > Lake Tahoe > Yosemite > Sequoia Park > Morro Bay > Big Sur > Monterey > Santa Clara (en visite chez des amis) et la Silicon Valley > San Francisco

L’à venir

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Je me suis souvent demandé quand viendrait le bon moment, quand la certitude viendrait se loger en moi, comment on se lancerait dans une des aventures les plus folles de notre vie. La vérité, tout le monde vous le dira, c’est qu’il n’existe pas là où on s’acharne à le chercher et que chacun trouve sa flamme là où son coeur décide de s’embraser. Cette photo a été prise il y a un mois déjà et mon amour, mon tout petit, a déjà grandi depuis. Mais j’aime ce cliché pour ces cernes qui témoignent de l’épuisement des premières semaines et de ma joie mêlée, inaltérable, de me savoir à mon tour le théâtre de ce si grand miracle, de cet étourdissant mystère. Quand je te sens cogner en moi, quand je sens sur mon ventre les caresses de ton père, quand mon corps m’enjoint à ralentir, quand on tire des plans sur la comète et qu’on s’appelle « la famille », la flamme est plus vive et haute que jamais et je nous promets de faire de mon mieux pour t’offrir la vie qu’on a tant appris à aimer, toi notre enfant à venir.