« Le temps dure longtemps »

Printemps

Ce soir dans la pénombre de ta chambre, tandis que je te chantais tout bas pour apaiser tes peurs des chansons de coin du feu, que tes yeux et tes mains s’agrippaient à mon visage penché sur le tien ensommeillé, tandis que tu t’affairais à ignorer tes paupières roses et les bâillements qui te soulevaient le ventre, je jurerais avoir éprouvé dans ma chair, arrimé et tendu de mon corps à ton corps, ce lien qui nous unit depuis le premier jour mais que l’on ne voit plus.

Alors c’était donc ça, mon lou, mon coeur, mon amour ? Alors c’est pour toujours.

C’est dimanche #51

Share_1bHuit mois après avoir publié le dernier article de cette catégorie, l’envie me reprend de partager avec vous mes coups de coeur récents glanés sur le web et ailleurs. Une lecture, une réflexion, une jolie marque, une citation, je m’autorise à y glisser trois par trois ce qui me plaît, me fascine ou m’interpelle. Cette rubrique aura souvent changé de visage mais l’intention, dans le fond, reste intacte. J’espère que le retour de ces partages vous plaira, de mon côté je m’en réjouis sincèrement !

1. A p a c h e s  ( C o l l e c t i o n s ) 

Instagram constitue une mine d’or quand il s’agit de dénicher des petits créateurs guidés par de belles valeurs et qui ont su créer autour de quelques produits de jolis univers. Depuis peu, je découvre en particulier les marques qui gravitent autour du monde de l’enfance et, parmi elles, se trouve Apaches (Collections), créée par Clémentine. On y trouve des modèles intemporels, des couleurs douces et de belles matières, le tout imaginé et fabriqué en France : une vraie pépite. Tim a été gâté il y a quelques temps par Clémentine et moi je suis déjà en amour avec les pièces de la nouvelle collection, comme cette barboteuse lignée, adorable pour cet été.

2. « We are different parents than we thought we’d be »

J’ai beaucoup aimé ce post d’Amanda Watters sur Instagram il y a quelques jours. En abordant la question du cododo, elle dit « andrew and i never thought we’d let him still keep sleeping in here, but here we are, and we all love it. we are different parents than we thought we’d be and are absolutely better for it » . Au-delà du fait que la question fait écho à notre propre expérience, j’ai trouvé cette réflexion très juste malgré son apparente évidence. On a beau lire, dire, affirmer, se projeter, la réalité nécessite une fantastique capacité d’adaptation et beaucoup d’indulgence et d’humilité.

3. C a p t a i n   F a n t a s t i c

Des mois après tout le monde, j’ai enfin vu Captain Fantastic et, comme je m’y attendais, j’ai été sacrément remuée. Un film interpellant, aux images splendides, à la bande originale envoutante, non moralisateur et qui présente le bénéfice de nous laisser, quand vient le générique de fin, la tête pleine de questions. Il y a, je pense, une multitude de regards à poser sur cette histoire et d’aucuns diront qu’elle déborde de clichés et de bons sentiments. Qu’à cela ne tienne, je prends tout : les leçons de philosophie, les enfants sauvages, les larmes, les choix éducatifs et leur (in)adéquation avec le monde autour, la résistance, les couleurs et le feu de camp. Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Belle semaine droit devant !

 

De notre mieux

Denotremieux-3Les jours sont pleins du son des grelots que tu agites entre tes doigts malhabiles, de bisous sur ton ventre chaud, de l’odeur de ta peau après le bain, de tes sourires qui nous remuent, de ton babillage très sérieux et de tes petites mains tendues qui cherchent nos visages. Je t’ai dans le creux de mon bras, ton oreille sur ma poitrine qui palpite, tes yeux qui interrogent les miens. Je t’ai dans le creux de mon coeur, toi qui remplit tous les silences – tout le vide, toute la vie -, toi qui me manques quand tu n’es pas là.

La vie depuis toi, ça vient ça va, de haut en bas, ça monte et ça descend, risettes et chaudes larmes, intense et merveilleux, ecchymoses en plein coeur, câlins et sparadraps. Mon plus beau voyage, tu vois, catégorie initiatique avec vue sur l’amer et l’amour à la fois. Tu me confrontes à mes propres démons, je m’efforce à baisser la garde, j’apprends à dompter la culpabilité, à chiffonner mes principes, à te confier à mon intuition, et peu à peu je balaie les fondations tenaces – ! – du désir (in)conscient de perfection pour bâtir à la place les lettres : i n t e n t i o n.

Je crois que les enfants viennent au monde pour faire grandir leurs parents. S’ils sont livrés sans modes d’emploi, c’est qu’ils cachent derrière leurs yeux un livre sans fin aux pages couvertes d’esquisses, de codes, d’histoires, de couleurs et de formules magiques. Quelle vaste entreprise que de s’atteler à comprendre les rouages qui animent cette toute petite personne, quel succulent mystère. Et puisque je ne serai pas cette mère irréprochable qui n’existe que dans mes projections d’hier, je te promets de faire chaque jour de mon mieux et de t’offrir le meilleur de moi-même, avec la lune et la mer et le ciel et les étoiles, si tu le veux.

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Papier-collant

Leplusbelage_Lifelately_1-1Bébé sourire, bébé boudeur, Jean qui rit, Jean qui pleure, bébé calin, bébé hurleur, bébé à bras, bébé guetteur, bébé curieux, bébé papote, bébé pas dodo, pas tétine, pas biberon, bébé pas par terre, bébé heureux, bébé maman, bébé papa, bébé intense, bébé d’amour, bébé qui dort sur mon coeur : bébé je t’ai dans la peau.

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Notre ailleurs pas bien loin

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Deux jours avant la naissance de Tim et quatre jours après ma sortie de l’hôpital, on refermait la porte de notre ancien appartement dans lequel nous avions vécu plus de cinq ans pour déposer nos cartons dans des murs rien qu’à nous six-cents mètres plus loin. Grisés par la perspective du nouveau chapitre qui s’annonçait, on a dit au-revoir aux plafonds hauts, à la baignoire derrière la tête de lit, au sol en damier de la terrasse, aux sons régulier des voitures qui s’engouffraient dans la rue à sens unique et on a dit bonjour à la vue sur les grands arbres verts, à la rue pavée et aux petite chambres baignées de lumière. Ce n’est presque rien. Six-cents mètres. C’est vertigineux.

La vie étant ce qu’elle est, espiègle à souhait, les sourires, les areuh et les pleurs ont vite (très vite) pris toute la place, si bien que le petit appartement est à ce jour décoré de plus de souvenirs denses qu’il ne compte de peinture et de cadres aux murs. Et s’il n’y a pas encore de rideaux aux fenêtres, c’est peut-être parce que l’on est trop occupés à ré-apprivoiser ce quartier qu’on pensait déjà avoir appris à aimer. Parce que depuis que je suis maman, je connais le prénom de la pharmacienne et elle connaît celui de mon bébé, je boude la voiture, je vais chez la pédiatre, (bientôt) à la crèche, à l’épicerie à pieds, je charge mes courses dans la poussette et on se rend comme avant au même marché le dimanche matin pour manger les meilleures ciabattas du coin et des boules aux raisins. Si je craignais de rester cloîtrée en dedans avec mon bébé d’hiver, mes doutes se sont vite dissipés et je découvre depuis octobre le bonheur des balades quotidiennes, par tous les temps, par tous les vents. Tantôt porté collé-serré contre mon coeur dessous le parapluie, tantôt roulant sur les trottoirs cabossés, j’emmène mon petit nez rose aux grands yeux curieux braver les éléments à travers les parcs et les bosquets et ça nous fait le plus grand bien. Quelle chance de pouvoir percevoir le théâtre du quotidien sous un nouveau jour, là où ce n’est plus-tout-à-fait-la-ville-mais-quand-même, quel délice, dites, de faire son nid dans un décor ami et d’apprendre à respirer autrement – en plus grand ! – entre les arbres familiers.

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